Rachid Andaloussi, architecte militant

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Contact : Rachid Andaloussi



Né en 1956, année de l'indépendance, Rachid Andaloussi fait partie de cette génération « trait d’union » entre un passé à protéger et un futur à bâtir.Son credo : reprendre l’architecture là où elle s’est arrêtée en perpétuant l’héritage pour mieux se le réapproprier. En témoigne son engagement pour la réhabilitation de la Villa des Arts, la restauration de la Wilaya de Casablanca ou la renaissance des Abattoirs. En ligne de mire : l'inscription de la ville blanche au patrimoine universel de l’Unesco.

Architecte quinquagénaire, Rachid Andaloussi est installé à Casablanca.
Après l’obtention de son diplôme d’architecture en 1985, il effectue le service civil avant de rouler sa bosse dans plusieurs cabinets d’architectes de Casablanca et de Paris. Il ouvre sa propre agence d’architecture en 1990. Il a été tour à tour membre du Conseil Régional des Architectes, Président fondateur de DOCOMOMO, Président de l’association Casamémoire, membre fondateur et Président de l’association des amis d’Azemmour, professeur à l’Ecole Nationale d’Architecture de Rabat, Conseiller du Wali de Casablanca, membre de la fondation Suisse-Maroc pour le développement durable.
En 2009, il a été désigné par Jeune Afrique comme l’une des 50 personnalités du Maroc, et l’hebdomadaire L’express le consacre parmi « Les 100 qui font bouger le Maroc ». Il est l’auteur de cinq bibliothèques et de plusieurs autres grands ouvrages dans le Royaume.

La Bibliothèque nationale du royaume du Maroc
Rachid Andaloussi et Abdelouahed Mountassir

Mêlant bâti et jardin, la BNRM, fruit d’une collaboration avec Abdelouahed Mountassir, s’inscrit au coeur de la ville et participe à la scénographie urbaine de la capitale. Le parcours est une mise en réseau de plateaux de services et de consultation qui se dévoilent le long de la rue structurante intérieure. La composition des espaces, réunis dans un vaste boîtier qui préserve une respiration intérieure par la déclinaison de la lumière, joue sur l’émotion pour convoquer l’imaginaire des visiteurs et les amener à reconstruire leur propre parcours de la connaissance.

Grand théâtre de Casablanca
Rachid Andaloussi et Christian Portzampac

Le plus grand concours international du Maroc. Conçu avec Christian de Portzamparc, le Grand théâtre se décline en une chorégraphie sculpturale vivante avec une scénographie habitée au sol par la vie permanente des caFès et des librairies dans un enchaînement de lieux que l’on découvre peu à peu et qui rappelle les sensations éprouvées lors des balades à l'intérieur des médinas. À côté des volumes purs et simples qui apparaissent au-dehors, s’oppose la richesse de l’intériorité enveloppante, la fraîcheur de l’ombre le jour, la douceur de la lumière le soir. Un échange émotionnel se noue alors entre les artistes et le public à travers la capacité du spectateur et de l’artiste à ressentir tout l’auditoire autour de la performance émanant des atouts de la grande salle.

Siège de la Caisse Interprofessionnelle
Marocaine de Retraites

Le défi émanant de l’implantation dans un site marqué par la croissante valorisation de la zone dans la ville d’aujourd’hui a été relevé dans le but d’engendrer un événement dans la texture homogène et fréquemment monotone de l’immobilier spéculatif. La grande masse du siège de la CIMR, contrastant avec les typologies habituelles de bureaux urbains, s’incruste comme un fuseau autarcique et dynamique sur l’axe suivant la profondeur de la parcelle, en se déployant sur une vaste façade courbe, ondoyante, à la poursuite de la lumière. Cette voile, largement vitrée, est protégée par une résille ajourée, dernier avatar du moucharabieh, comme une ultime métamorphose de la chenille en chrysalide métallique. Le petit immeuble de bureaux se replie sur une limite latérale dans sa masse compacte à la rigueur géométrique, dans un volume trapézoïdale pour faire contrepoint à la figure sinueuse des locaux du siège. L’ensemble vise à créer une dynamique nouvelle. Il faut sortir du syndrome d’architecture générique. La structure fragmentée du bâtiment permet ainsi d’échapper à l’effet de masse.

Complexe résidentiel et tertiaire Yacoub El Mansour

Le boulevard Yacoub El Mansour s’ouvrira bientôt sur le pôle de l’aéroport d’Anfa, le futur « Manhattan » de Casablanca. Le projet ambitionne d’offrir une alternative au tissu actuel extrêmement dense et continu par l’implantation d’un programme mixte résidentiel, bureaux et commerces. La partie résidentielle s’identifie par une évocation revisitée du style « Paquebot » propre à certains bâtiments emblématiques de Casablanca. Les bureaux offrent une image radicalement différente, toute de fragmentation. Sur le boulevard, une faille entre ces deux fortes entités laissera pressentir une agora commerçante bordée d’une vue piétonnière traversante, vecteur de convivialité au centre du programme.

Aménagement de la corniche de Casablanca

La mythique cité blanche semble aujourd’hui renier son cachet maritime. La ville tourne le dos à la mer. La corniche se présente sous une forme déconnectée de son contexte environnemental. Le tissu qui prend place ici est celui de la discontinuité, des vides, des horizons, voire de la confusion même. Aucune présence visuelle ne paraît susceptible d’attirer l’attention du piéton ni de celle de l’automobiliste. Le projet a l'ambition de glisser la nouvelle logique dans le champ déjà structuré de l’ancien. Il est de doter Casablanca d’une corniche digne d’une cité de cette envergure. Créer un espace où toutes les catégories sociales confondues pourront trouver refuge et s’épanouir. Attribuer un cachet écologique et naturel au site avec l’ambition d’en faire un « poumon vert » pour la ville.