Archimedia, 1er groupe des médias du bâtiment au Maroc

Marc Mimram lauréat du prix AGA KHAN d'architecture 2013
Mardi, 17 Septembre 2013 10:54

 

 


Marc Mimram lauréat du prix

AGA KHAN d'architecture 2013

Après bien des débats le prince Aga Khan et le Président du Portugal ont remis le 6 septembre le prix Aga Khan d'Architecture 2013 à Marc Mimram pour son projet au Maroc " Le Pont Hassan II". Voici l'article paru dans le magazine A+E ARCHITECTURE ET ENVIRONNEMENT AU MAROC, durant l'été, concernant ce projet


S’INSCRIRE DANS L’HORIZON PAYSAGE


Tout ici est tendu, beau et fragile. L’esplanade du Mausolée Mohamed V marque un plateau, tandis que la Médina et les Oudaïas constituent au loin une fine texture entre le ciel et l’embouchure du fleuve préparant la découverte d’un autre horizon : la mer.

Au Nord, la citadelle de Salé s’installe dans cet ancrage au sol, en fortifiant la minéralité de la transformation construite. Tout est sol, tout est issu de cette terre pour façonner dans la douceur de la végétation, un horizon construit mince et délicat, animé, variable, ciselé et fragile.

A l’Est, dans le méandre, la topographie prépare les mouvements géographiques de la vallée.

Le nouveau pont doit dialoguer avec cette horizontalité construite, préserver les vues, offrir des regards, laisser filtrer sans obérer, cadrer les ouvertures sans masquer et surtout laisser le ciel. Car de cette minéralité ciselée seule émerge de l’horizon la tour Hassan (qui souhaiterait s’y confronter ?).

Le projet propose de dialoguer avec cet état de l’horizon construit. Tout ici est sensible à cette faible variation des échelles bâties dans le dialogue des rives du Bouregreg. En mettant nos pas dans ceux de cette histoire, il nous faut entrer en résonance avec cette géographie construite, sans heurt, sans gesticulation, mais dans l’attention aux qualités du site : une modernité généreuse et sensible.


UNE STRUCTURE ÉVOLUTIVE ET ORIENTÉE


Entre le pied de la Tour Hassan et Salé, le pont franchit différentes séquences : la route, qui longe les contreforts du Mausolée, et l’ouverture sur le Bouregreg.

Pour autant, l’infrastructure s’élevant à 10 mètres du sol, doit former un projet unitaire. Il ne s’agit pas ici de créer un viaduc solitaire mais de s’inscrire en continuité, en urbanité. C’est pourquoi le système structurel évolue linéairement depuis les viaducs d’accès posés sur leurs appuis simples jusqu’au fleuve pour former l’arc central. La structure s’adapte aux conditions pour croître vers le Bouregreg.

Les travées latérales sont composées de structures de demi-portiques qui vont croissants, orientés vers le centre du fleuve, face à face… pour former la voûte centrale.

Il s’agit de créer un ouvrage unique qui s’adresse au fleuve, déterminé qu’il est par le gabarit central, celui de la navigation vers le port de plaisance, marqué par la longue arche très tendue, celle du lit central qui distingue le fleuve navigable de la partie à l’Ouest découverte avec la marée accueillant les jetées des clubs et des restaurants.

Ces mouvements de la marée s’inscrivent dans la géométrie de l’ouvrage. Puis les demi-arcs prennent leur autonomie de part et d’autre du fleuve, pour marquer les quais, border le boulevard côté Rabat, construire un toit pour le marché des pêcheurs côté Salé, et pour évoluer et se redresser de manière continue jusqu’aux piles latérales des travées d’accès.

Cette évolution continue se fait au long d’une grande courbe virtuelle ouverte sur le ciel et centrée sur le fleuve.

DENTELLE MINÉRALE

Les arcs évolutifs sont composés à partir d’un motif unique qui va croissant, permettant de rationaliser le mode constructif tout en autorisant ses variations.Au droit des appuis les bras laissent filtrer les vues lointaines.

Le pont est composé de trois tabliers juxtaposés indépendants pour offrir les lumières entre les voûtes qui varient au grès des mouvements du soleil. Par son orientation Nord-Sud, le pont accueille le chemin du soleil pour transformer sa structure en un capteur de lumières et d’ombres en évitant la noire profondeur sous son large tablier.

Les trois parties du tablier sont prises en encorbellement sur la structure centrale pour ordonner et hiérarchiser les éléments constructifs. A l’Ouest, le spectacle de la Médina et des Oudaïas est offert aux piétons par une large passerelle en balcon sur le fleuve. La structure est délicate et sophistiquée. Sculptée dans le béton clair, elle varie continûment au long de ses membrures adaptées au schéma statique.

Le Prix Aga Khan d’architecture a été créé en 1977 par Son Altesse l’Aga Khan pour reconnaître et favoriser les concepts architecturaux les plus aptes à satisfaire les besoins des sociétés musulmanes et répondre à leurs aspirations. La liste des nominations pour le Prix Aga Khan 2013 a été annoncée le 2 mai à Londres. Le Prix récompense des ouvrages d’excellence qui répondent aux préoccupations de disciplines aussi diverses que l’architecture contemporaine, l’habitat social, l’amélioration et le développement du cadre de vie des communautés. Les 20 projets en lice pour le prix d’1 million de dollars US incluent aussi bien l’édification d’un gratte-ciel que le renouveau de techniques de construction traditionnelles. Les projets présélectionnés font l’objet de rapports effectués par un groupe d’architectes, urbanistes et ingénieurs. Les rapports, qui analysent tout autant l’excellence architecturale que l’impact sur la qualité de vie, seront présentés au jury ce mois de juin. De quatre à six finalistes seront alors sélectionnés et annoncés lors d’une cérémonie qui se tiendra à Lisbonne en septembre.

Paru dans A+E Architecture et Environnement au Maroc

 

Architecture bancaire : la clarté au rendez-vous !

  Les banques marocaines n’ont pas toujours été soucieuses de l’image qu’elles communiquaient aux citoyens. De l’établis...
Lire la suite
 
Video
Bannière

<< >>

sondages
Les architectes peuvent apporter beaucoup !

  Azdine Nekmouche, comme ancien président élu du Conseil Régional de la région de Casablanca, est bien au fait des dangers que...
 
Le BTP turc accompagne les grands projets du Royaume

  Depuis plus d’une décennie déjà, les entreprises de BTP turques installées dans le Royaume ne cessent d’accroitre leurs p...
 
Coffrage : Fenie Brossette et Condor consolident leur partenariat

  A l’occasion de la consolidation du partenariat entre Fenie Brossette et Condor, groupe italien spécialisé dans les solutions...
 
cevisama
eac
intermat
kerix
lire-kalpin
logo-onigt
logo-scopalto
logo_confort
piscine-expo
smartcityexpo
surface
 

Psychopathologie politique d’une société schizophrène. Par Mustapha Saha.

Le peuple marocain se distingue, depuis toujours, par son intelligence modé...
Lire la suite
 
Claude parent n’est plus, La fonction oblique a pris la tangente

Au lendemain de son 93e anniversaire, samedi 28 février 2016, « l’oncle ...
Lire la suite
 
Numerique et communication politique

La Révolution numérique tisse irrémédiablement une nouvelle société tr...
Lire la suite
 

Toutes les chroniques

sondages
La règlementation thermique des constructions au Maroc ( RTCM) est-elle facilement applicable ?
 
 

Les architectes peuvent apporter beaucoup !

  Azdine Nekmouche, comme ancien président élu du Conseil Régional de la région de Casablanca, est bien au fait des dangers que...
 

Plus d'interviews

Le BTP turc accompagne les grands projets du Royaume

  Depuis plus d’une décennie déjà, les entreprises de BTP turques installées dans le Royaume ne cessent d’accroitre leurs p...
 

Plus des dossiers

 
 
Copyright © 2016 Archimedia Groupe - site web officiel. Tous droits réservés.