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École Centrale de Casablanca : les trois projets primés du concours
Jeudi, 16 Janvier 2014 10:39

 

Les résultats du concours pour la construction de l’Ecole Centrale de Casablanca sont connus. Le projet sera réalisé sur un terrain de 5 ha dans la commune urbaine de Bouskoura. La compétition avait été lancée en juin dernier par l’OMPIC (Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale). Nous découvrons dans ce dossier des propositions architecturales innovantes et soucieuses de l’environnement.

 

Le projet de création d’une Ecole Centrale Casablanca (ECC) s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle dynamique pour améliorer la performance et l’efficacité du dispositif de formation du Maroc face aux mutations technologiques, économiques et sociales. Le projet ambitionne de répondre à des enjeux nationaux et régionaux en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Il vise à dispenser une formation d’ingénieurs de haut niveau, développer des activités de recherche & développement, garantir une accessibilité aux formations de renommée internationale, faire du Maroc un « hub africain « de formation et délivrer des diplômes doublement reconnus par le Maroc et la France.

 

Le projet de l’Ecole Centrale Casablanca revêt de ce point de vue un caractère plus large que la simple programmation immobilière d’un établissement d’enseignement supérieur. Il offre l’occasion de repenser le fonctionnement d’une école d’ingénieurs, en questionnant l’avenir. Il s’agit de créer l’école du 21ème siècle, anticipant les évolutions liées à la révolution numérique, aux pratiques d’apprentissage et aux interfaces avec la recherche et le développement. Il s’agissait notamment de s’appuyer sur l’expérience et la renommé de l’Ecole Centrale Paris (ECP), des autres Ecoles Centrales et du réseau TIME, dont l’ECP est le leader. Ses initiateurs voulaient que la conception architecturale du bâtiment tienne compte de l’hybridation des disciplines, des savoirs et des expérimentations, intègre la richesse des typologies des locaux et le respect de la notion d’espace projet.

Mireille GARNIER

 

 

 

1er prix - Lead Architecture • Agence EL HALEK

 

L’Ecole Centrale de Casablanca est localisée sur un site exceptionnel de 5 ha en bordure de la forêt de Bouskoura.
Trois éléments fondamentaux structurent ce site :
• La forêt, présente de manière inconditionnelle
• Une forme de terrain en longueur, agissant comme le prolongement du sentier forestier, qui émerge de la forêt, et fait face à la façade sur rue du site
• Un terrain décomposé en deux zones distinctes (une première partie en forte pente et une deuxième presque plane, en fond de parcelle).


La réponse que LEAD ARCHITECTURE à initiée dans sa proposition architecturale s’est exprimée à travers un mot : « intégration ».
L’approche symbolique revendique une vision simple du projet qui combine l’humain et la forêt dans une seule et même lecture. Le trait commun entre l’homme et la forêt réside dans l’élément central qui le fait exister : d’un côté une colonne vertébrale et ses connections nerveuses qui relient un ensemble d’éléments pour l’homme, et, de l’autre, le tronc de l’arbre auquel se rattachent les feuilles à travers les branches. L’expression de cette dualité s’est matérialisée à travers une voie centrale qui fonctionne comme une épine dorsale aux ramifications circulatoires se raccordant aux différents organes qui structurent l’école : accueil, administration, espaces de formation, logements équipements sportifs, etc.
Cette approche symbolique, « la colonne vertébrale du projet » qui prend ses racines à l’entrée de l’école pour aboutir dans l’axe du site, a donc été conditionnée le long de cette voie centrale. Elle a été décomposées en quatre séquences distinctes, mais interconnectées : l’entrée, l’école, les logements, les équipements sportifs. L’école proprement dite est organisée le long de cette même rue, étagée au dessus et en dessous d’elle, donnant tout à voir d’un seul coup d’œil, dans une alternance de vides et de volumes pleins. L’ensemble est abrité sous un immense toit parasol. Il protège efficacement les toitures immédiates du rayonnement et permet d’alterner ombre et lumière.
L’ensemble des logements a été traité selon la thématique de « la cabane dans les arbres ». Les logements sont principalement composés de deux ou trois volumes superposés, sur pilotis. Disposés de manière maîtrisée ces logements semblent répartis librement sur le terrain.
Les terrains de sports nécessitant d’être plats, leur emplacement a été localisé en bout de parcelle. Incidemment, ces lieux sont souvent vides, ensoleillés et, lorsqu’ils sont occupés, souvent bruyants. Les isoler permet de gérer ainsi les nuisances visuelles et sonores.
D’une manière générale, le projet de LEAD ARCHITECTURE à interprété le projet de l’Ecole Centrale de Casablanca comme un lieu de savoir qui émerge de son territoire.

 

2e prix – Taoufik EL OUFIR

 

Le projet du groupement d’architectes Taoufik El Oufir et d’AIA associés, sublime les qualités naturelles du site. Son identité imprègne un quartier en pleine mutation. Passant d’un monde rural à une ville en devenir, elle s’affirme en équilibre entre nature et urbanité.
Conçus sur des principes d’architecture bioclimatique, les dispositifs utilisent l’histoire et la tradition pour implanter les processus constructifs et installer des équipements pédagogiques de pointe. Le projet répond au désir de donner aux étudiants de l’espace et des perspectives sur le grand paysage. Une toiture végétalisée est accessible, offrant la vue sur l’horizon. Le bâtiment est habillé de plantations et son pourtour est boisé. Le projet multiplie les traitements végétaux avec dans les patios une nature maîtrisée, et aux abords une nature libre.
La façade filtre l’air à travers une fine dentelle qui fait délicatement vibrer l’édifice à la lumière. Tel un moucharabieh géant, c’est une ligne parfaitement horizontale, qui compose différents tableaux ensoleillés, issus directement des besoins en lumière des espaces intérieurs. La résille en béton de fibre associe l’école et les logements dans une concrétion unique. Cette enveloppe est active. Elle tire parti du vent en guidant une ventilation naturelle Nord/Sud. Elle utilise le soleil grâce à ses panneaux solaires qui emmagasinent l’énergie nécessaire à l’éclairage de nuit et au chauffage de l’eau. Elle récupère enfin les eaux de pluie grâce à de vastes surfaces de captage installées sur la toiture et les espaces extérieurs.


Le principe organisationnel est clair pour le primo-entrant et s’enrichit, pour l’initié, de raccourcis. L’axe de distribution principal, en pente, rend évidente la lecture d’ensemble. Il installe un esprit de communauté avec des espaces propices aux échanges et d’autres, plus calmes, invitant à la réflexion. L’articulation entre les deux qualités d’espace délivre une atmosphère inédite, une architecture faite d’échelles contrastées, de lumière et de transparence. Les logements sont répartis en 10 corps de bâti, en alternance avec des jardins. Toutes les terrasses sont plantées et accessibles. Elles apportent un espace supplémentaire de liberté.
Le projet de l’Ecole Centrale de Casablanca se dote d’un outil fort et flexible nécessaire à un équipement de demain.

 

3e prix – Taoufik BAKKOURI

 

Les considérants conceptuels du projet de l’Ecole Centrale de Casablanca ont émané principalement du site (le terrain et son environnement), avec tout ce qu’il comporte comme atouts, possibilités, contraintes et surtout difficultés. A partir de là, le processus de genèse de l’idée a été mené par l’architecte d’une manière basée sur l’évidence et la logique arithmétique, en réalisant un brassage harmonieux et esthétique de l’ensemble des ingrédients fournis par le maitre d’ouvrage.
Il s’agit du façonnage et de l’architecture des éléments de programmation et impératifs techniques et de confort qui sont à la fois très précis, soigneusement minutieux et surtout complexes et multiformes. D’un autre coté, l’approche conceptuelle sur le plan fonctionnel et structurel, a émané de l’analyse, écoute et lecture par l’architecte, de l’ensemble des projets d’Écoles Centrales françaises, du groupement GEC (Paris, Nantes, Lyon, Lilles, Marseille) et du réseau TIME. Les enseignements recueillis ont été très précieux, notamment pour ce qui est des options à éviter, à valoriser ou à adapter au contexte de Casablanca.


Il s’est agi de repenser en profondeur cette notion d’école d’ingénieurs et de son adéquation avec l’environnement, la réalité sociale économiques et professionnelle : tout en mettant l’humain au centre des intérêts, adopter les techniques et procédés technologiques d’actualité, notamment pour ce qui est de la télécommunication («dématérialisation» et « déspatialisation » du savoir).
Les données, urbanistiques, techniques ou paysagères hors-site (forêt, zone de recul paysager, densité de la zone, climat, morphologie spatiale, parcellaire, etc.), ont été elles aussi déterminantes pour l’ébauche du projet, surtout pour ce qui est de l’intégration paysagère, vocation de la zone. Enfin, les exigences des infrastructures existantes ou en projet ont imposé une certaine conduite conceptuelle.

 

Paru dans Chantiers du Maroc N°111 - Novembre 2013

 

 

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