| Les cimentiers : bons élèves du développement durable |
| Mercredi, 14 Juillet 2010 19:21 |
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Les vastes chantiers que connaît le Maroc témoignent de la volonté du Gouvernement de s’inscrire dans une politique durable de développement des infrastructures de base, notamment les routes et autoroutes, les ports, les barrages, les installations sportives et les nombreux projets touristiques tels ceux du Plan Azur… Le développement de l’industrie cimentière est fortement lié à la croissance économique du pays et à la mise à niveau des secteurs de la construction et du logement. Avec la première usine construite à Casablanca au début du XXème siècle, l’industrie cimentière nationale est l’une des plus anciennes implantées au pays, et donc des plus déterminantes pour la bonne santé économique du Maroc.
Le secteur cimentier marocain, très organisé, compte actuellement quatre entreprises qui exploitent un total de neuf usines et quatre stations de broyage, pouvant produire annuellement plus de 11 millions de tonnes. L'activité cimentière est une activité structurée et répartie sur l’ensemble du territoire national. La libéralisation du secteur ainsi que les investissements réalisés durant les années quatre-vingt-dix ont permis au Maroc de faire face aux besoins du marché qui atteignaient, par le passé, le tiers de la consommation nationale. C’est également à cette époque que l’industrie cimentière marocaine a renforcé sa mise à niveau. Depuis, et consciente de ses responsabilités, la profession mène une stratégie de développement durable, avec comme principaux objectifs : l’amélioration des performances, le renforcement de la compétitivité et l’optimisation de la consommation des ressources naturelles.
En 1980, les entreprises cimentières marocaines décident de créer l'APC (Association Professionnelle des Cimentiers), dont l’objectif est de les rallier toutes afin d’améliorer la qualité du ciment et le management général du secteur, de mieux gérer l’impact de cette industrie sur l’environnement (voir encadré pour plus de détails) et surtout de mieux maîtriser les cours du marché. L’intérêt des cimentiers pour l’environnement s’est révélé avec la libéralisation, la restructuration et la modernisation entamées à partir de 1992, date qui coïncide d’ailleurs avec le premier Sommet mondial de la Terre à Rio. Mais concrètement, l’implication du secteur cimentier n’a démarré qu’en 1997 par la signature, avec le ministère de l'Aménagement du territoire, de l’Eau et de l'Environnement, d’une convention de partenariat pour la préservation de l’environnement. C’est, d’ailleurs, la première convention du genre signée au Maroc avec l’engagement ferme de l’appliquer sur six ans (1997-2003) par anticipation et de manière volontaire. Ceci avait nécessité une enveloppe de 700 millions de dirhams. La protection de l’environnement n’a pas de prix ! D’abord, parce que, du fait de l’exploitation de carrières, de l’utilisation de combustibles fossiles et plus généralement des nuisances générées par son activité, l’industrie cimentière a des impacts négatifs sur l’environnement. Il lui appartient donc de corriger ou d’atténuer les dommages occasionnés. Si certains investissements environnementaux sont sans retour économique, il reste qu’une bonne gestion industrielle et financière va de pair avec une bonne gestion environnementale. Et le plus souvent, on peut développer des actions qui concilient performance industrielle et sauvegarde de l’environnement. Le recours à l’énergie éolienne et la valorisation des déchets industriels par les cimentiers en sont des exemples probants.
Il est clair que les cimentiers, preuves à l’appui, représentent un bel exemple pour la sauvegarde de l’environnement. Ainsi, une évaluation du secteur sur les douze dernières années, demandée par le ministère de l’Environnement, montre que les opérateurs ont réussi à découpler « croissance économique » et « impact environnemental ». La contribution du secteur au PIB a augmenté de près d’un tiers, alors que la part des cimentiers dans les dommages environnementaux a été divisée par sept.
C’est dans ce sens, et afin de renforcer son engagement environnemental, que s’est tenue la convention annuelle de l’Association Professionnelle des Cimentiers. Elle s’est ouverte le 28 mai à Rabat, sous la présidence de la ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, Amina Benkhadra, qui s’est félicitée lors de son discours de l'engagement volontariste des cimentiers visant la protection de l'environnement et leur souci permanent d'améliorer la qualité des produits, la valorisation des déchets et l'économie d'énergie, rappelant, dans ce sens, les investissements réalisés par les membres de l'APC pour réduire les impacts de leurs activités sur l'environnement et contribuer au développement du marché des déchets. Deux thèmes clés ont été retenus lors de cette convention. Il s'agit du développement de la filière des déchets pour les utiliser soit comme matière première, soit comme combustible de substitution aux combustibles importés, et de la création de sable industriel à partir des carrières par le concassage. Cette rencontre a été riche en débats, et en projections de films, et a fini par une cérémonie de remise des Trophées Sécurité APC, par le ministre de l’Equipement et du Transport, Karim Ghellab, aux transporteurs de ciment, usines et centres cimentiers et entreprises sous-traitantes. Le Ministre a rappelé que « le partenariat entre le département du transport et l’APC a pour objectif de définir toutes les mesures de sensibilisation dans le secteur du transport des ciments pour une meilleure sécurité routière et surtout en matière de respect de tonnage ». En effet, le fret des produits et matières lié à l’activité cimentière représente, avec 32 millions de tonnes, le tiers du fret routier national. Cependant, une partie importante du parc des véhicules utilisés par les clients transporteurs nécessite un renouvellement. Sans parler de leur comportement irresponsable quant au respect des charges utiles autorisées notamment pour les camions à faible capacité. Et c’est précisément dans le souci d’assumer pleinement cette responsabilité que le ministère de l’Equipement et les cimentiers ont décidé de conjuguer leurs efforts et de signer une convention par laquelle ils s’engagent à œuvrer pour une mise à niveau du transport de ciment. (voir encadré)
Aujourd’hui, le développement ne peut plus se concevoir, dans le contexte économique actuel, sans intégrer la notion de développement durable. Ce dernier est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes en répartissant équitablement les fruits de la croissance sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins. Progrès économique et préservation de l’environnement sont désormais inséparables ! |









