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Gabriella Krewet, le bonheur du hasard,

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Mercredi, 23 Mars 2016 11:46

gabriella-krewet

 

 

 

Un lien fort avec la terre


Née en Italie, d’une mère allemande et d’un père italien, Gabriella vient de reprendre sa vie en France après trois années passées à Casablanca, période qui l’a beaucoup marquée personnellement mais aussi dans son travail d’artiste.
Gabriella est pédagogue sociale, mais après quelques années de travail, s’est tournée vers les arts qu’elle a toujours aimés, et plus précisément vers la céramique en animant un atelier pour les personnes âgées et en suivant une formation de deux ans pour apprivoiser les bases techniques. Elle garde, depuis son enfance où elle a découvert la poterie, un lien fort avec la terre. « J’aime cette matière, la lisser, la polir, la structurer. Il y a quelque chose qui passe entre elle et moi. La terre n’est pas quelque chose de définitif, elle n’est pas fixe comme une pierre, il y a toujours une possibilité de la faire évoluer. C’est comme un instrument de musique qu’il faut apprivoiser petit à petit ». Un stage de spécialisation en raku a fini de la confirmer dans son nouveau choix professionnel, celui de devenir céramiste et d’ouvrir un atelier proposant des cours et des stages.


Un coup de foudre


« Le raku a été une véritable révélation, comme la foudre qui m’a traversée ! ». Le raku, que l’artiste définit comme « le bonheur du hasard », est une technique de céramique née au Japon au XVIe siècle et créée pour la cérémonie du thé. Elle s’est développée en Europe dans les années 1960. Dans un four chauffé à 1000°C sont placées des pièces émaillées. Une fois l’émail en fusion, les éléments sont plongés dans un récipient fermé contenant de la sciure ou de la paille dont l’intense saturation en carbone qui s’en dégage va pénétrer dans les craquelures de l’émail et dans les parties non émaillées de la pièce et va noircir d’avantage ces zones. C’est surtout l’aléatoire et l’inattendu du résultat qui donnent le charme particulier aux céramiques en Raku. Cette technique fascine donc Gabriella, du fait qu’il est impossible de prédire d’avance le résultat du travail entrepris. Par ailleurs, elle « offre un formidable pouvoir de liberté à la démarche créatrice », quitte à profiter d’un « accident » ou d’un résultat non voulu pour en tirer quelque chose d’autre, aller dans une autre direction…

 

 

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L’émotion à l’état pur


Les œuvres de Gabriella sont des pièces uniques.« Les choses que je crée viennent de quelque part de moi, sans contrainte extérieure. La nature est ma source d’inspiration. Je me promène dans la nature et vois une pliure dans une falaise, je ramasse une pierre ou une écorce d’arbre qui me donnent envie de travailler une pièce ». D’autres fois, ce sont ses propres émotions qui amènent à la création. Par exemple, ses créations « les graines déchirées », ces boules fissurées, représentent un moment où, arrivée à Casablanca, elle a senti une déchirure avec tout ce que elle avait vécu avant, ses nombreuses années de vie à la campagne Le choc avec la vie casaouie a été très fort, presque violent.
« Mes oeuvres dégagent une émotion au travers de leurs craquelures, fissures, cicatrices, blessures… Je me suis rendu compte qu’il s’agissait de blessures liées au changement, à la confrontation aux nouvelles choses, car les premiers mois à Casablanca ont été difficiles, avec ce contraste qui existe entre richesses énormes et toutes les misères que l’on voit à côté ».


Transmission et partage


La transmission et le partage sont le plus important dans le travail de Gabriella Krewet. C’est la suite de sa formation initiale en lien avec l’humain et cela lui procure un immense plaisir de pouvoir transmettre sa technique et aider les autres à faire naître leurs propres œuvres. Gabriella a donc réouvert son atelier à son retour en France, et retrouvé 80% de ses anciens élèves. Emue, l’artiste déclare : « C’est impressionnant, c’est un joli témoignage qui montre qu’ils tiennent à la terre et à ce que je peux leur apporter ».
D’ailleurs, au-delà de ces moments partagés si précieux se dégage une philosophie de vie que Gabriella exprime en ces termes : « La technique du raku est très enrichissante car les élèves sont parfois endoctrinés et ne dépassent pas les limites. Ils comprennent alors que l’on ne peut pas tout planifier et prédire et qu’il faut accepter le résultat final. Cela va au-delà de la poterie. C’est une vraie philosophie de vie : il s’agit de lâcher prise et de ne pas tout maîtriser ». Aujourd’hui, riche de son expérience au Maroc, Gabriella Krewet aimerait accueillir les étrangers en France dans son atelier, créer un lieu pouvant accueillir des personnes de nombreuses nationalités pour proposer des stages plus internationaux.


Lorraine PINCEMAIL
© G. KREWET (Pièces) & M. HIDRI (Portrait)

 

Paru dans A+E Architecture et environnement au Maroc #7 - 2016

 

 

 

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