Rythms and Whool, abstraction géométrique

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Mercredi, 13 Avril 2016 09:25

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Vanska, de son vrai nom Vanessa Bouziges, est artiste plasticienne et designer. Vivant à Casablanca depuis plus de 10 ans, la ville et le pays l’inspirent et aujourd’hui, après une expérience dans la céramique, le design textile, la création de bijoux, elle exprime sa sensibilité au travers de la tapisserie contemporaine.


Son travail appartient au « Fiber Art », appellation générale concernant toutes les pratiques intégrant le fil (laine, coton, fibre) sur plusieurs supports. Pour un retour à des valeurs simples et une économie de moyens, Vanessa a délibérément choisi d’utiliser des matériaux locaux que sont le bois de laurier et la laine brute. Elle réalise ainsi du Néo Craft, de l’artisanat traditionnel dans un contexte contemporain, autour d’une réflexion et d’une histoire. Sur une structure en bois, les fils de couleurs sont tendus et enroulés pour former un ensemble graphique, inspiré du paysage urbain qui entoure la plasticienne, et notamment le quartier de Hay Hassani à l’architecture cubique qu’elle affectionne particulièrement. Elle créé des lignes droites et des cubes, induits par la grille et le principe du tissage sur deux plans composés du fil de chaîne et du fil de trame.

 

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Vanessa Bouziges a parfait sa formation de tissage en travaillant auprès de Soumiya Jalal Mikou, architecte, designer et créatrice textile. Son travail s’inscrit dans la mouvance de l’école du Bauhaus dont l’histoire et son atelier de tissage exclusivement féminin l’inspirent dans sa recherche. De plus, elle se retrouve beaucoup dans la pratique de ces grands artistes du modernisme qui ont aboli les frontières entre le design, l’architecture, les beaux-arts. Parmi eux, elle admire Paul Klee, Vassily Kandinsky, Josef et Annie Albers et leurs élèves, Robert Rauschenberg et Sheila Hicks.
Ses différents voyages lui ont permis d’accéder à l’artisanat, simplement en allant sur les marchés, chose qu’elle trouve difficile en France car « l’artisanat s’est muséifié et il faut de bonnes références pour entrer dans une unité de production ». Au Maroc, les rencontres qu’elle a faites lui ont permis de s’ancrer dans le pays. En faisant le défi d’utiliser des produits et matières 100% marocaines, Vanessa considère que c’est une manière de s’intégrer et de vivre de façon cohérente dans ce pays. Si son travail n’a pas vous vocation de défendre l’artisanat marocain, elle souhaite par contre associer complétement les artisans à son projet et sublimer les pratiques artisanales locales. Pour cela, elle lance un appel aux coopératives ou Fondations prêtes à s’investir avec elle, car elle souhaite transmettre sa technique, encadrer et former des artisans de telle sorte qu’ensemble, ils fassent émerger de nouveaux motifs en confrontant leur savoir-faire traditionnel au sien et par la suite, laisser la structure se réapproprier ce travail et le développer de façon autonome.
Les œuvres de Vanska ont fait l’objet d’une exposition lors des journées du Patrimoine de Casablanca en mars dernier, d’une expo-vente à la galerie 33 Majorelle à Marrakech en septembre 2015, et d’une vente durant les Nuits Sonores de Tanger en octobre 2015. Le souhait de l’artiste serait de participer à un salon Maison & Objet sous le haut patronage du ministère de l’Artisanat.


Auteur : Lorraine PINCEMAIL
C.photos : Valentina MARCHANT

 

Paru dans A+E Architecture et environnement au Maroc #7 //2015