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Architecture et environnement au Maroc
Changement climatique et Paysage
Jeudi, 02 Février 2017 15:22

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L’objectif de l’AAPM est d’assurer une bonne pratique de la profession d’architecte-paysagiste au Maroc et d’œuvrer pour la préservation et la création des paysages de qualité en milieux naturel, rural et urbain pour un meilleur cadre de vie de la population. C’est la seule association accréditée au Maroc par la Fédération Internationale des Architectes Paysagistes (IFLA). Ainsi, elle a participé activement à la COP22 et appoté la contribution suivante.


Selon la Compagnie NégaWatt, la transition énergétique prendra forme suivant trois actions fondamentales:
La sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables pour réduire nos dépendances aux énergies fossiles, polluantes, émettrices de gaz à effet de serre et de ce fait, responsables du changement climatique.


Cette transition énergétique génèrera une transformation inédite dans notre cadre et nos modes de vie.
Multiples seront les nouvelles installations qu’il faudra mettre en place ou modifier au niveau de l’ensemble des secteurs qui gèrent la ville et notre vie: éoliennes, chaufferies, méthaniseurs, nouveaux modes d’agricultures...


Parmi ces actions pour une meilleure transition énergétique, il faudra revoir la place de la nature dans nos villes, faire évoluer les formes urbaines de nos villages, de nos villes et de nos quartiers.
Nous les architectes paysagistes, confirmons que s’adapter au changement climatique et assurer une bonne transition énergétique reposent aussi sur une approche paysagère de nos espaces de vie extérieurs. Pour ce faire, les engagements suivants sont nécessaires:


• Adaptation de nos espaces publics et leurs modes de gestion
• Réorganisation de nos jardins publics
• Révision des connexions campagne-ville
• Multiplication paysagère de l’arbre dans la ville
• Révision des surfaces plantées
• Amélioration de la nature des revêtements de sol
• Gestion des eaux de pluie et d’arrosage
• Réformes des éclairages publics


Sachant que nous ne pourrions accomplir ses actions qu’au travers des missions complètes de maîtrise d’œuvre paysagère.
Freiner le réchauffement climatique par notre implication dans …


• Les Parcs de la conception générale à l’infrastructure publique;
• La planification, l’emplacement et l’orientation des nouveaux développements;
• Le développement durable;
• La planification écologique : la gestion des eaux pluviales, y compris les jardins de pluie, toits verts, la recharge des nappes, infrastructure verte et les zones humides de traitement
• Le design de paysage pour fonction éducative et la conception du site pour les institutions publiques et les installations gouvernementales
• Les parcs, jardins botaniques, corridors vertes et réserves naturelles
• Les installations de loisirs; les terrains de jeux, terrains de golf, parcs à thème et des installations sportives
• L’implantation des zones d’habitation, les parcs industriels et des développements commerciaux • Les infrastructures routières, autoroutes, structures de transport, des ponts et des couloirs de transit
• Les plans masse de développement résidentiels etc.
• Le design urbain, les places publiques, les placettes, les corniches, les zones piétonnes et les espaces de stationnement
• Les parcs et réserves naturelles,
• Les paysages de destination touristique,
• La réhabilitation des paysages historiques et patrimoniaux, des paysages endommagés par l’activité humaine,
• Les réservoirs, barrages, centrales électriques, et des grands projets industriels en général,
• L’évaluation environnementale et de l’évaluation du paysage, la planification, le conseil en gestion du territoire.
• Conception écologique (tout aspect de la conception qui minimise les impacts nuisibles à l’environnement par lui-même l’intégration avec les processus naturels et la durabilité) L’architecture du paysage


L’architecture du paysage est une dialectique de l’environnement et de nos actions au quotidien sur notre cadre de vie. C’est en effet, une géométrie savante par le biais de laquelle nous opérons la nature pour inventer et réinventer le paysage où nous vivons, suivant des règles urbaines et socioculturelles adaptées à nos modes de vie.


Le paysage est donc une interaction entre notre perception de la nature et son usage comme modèle d’action de l’espace concret pour façonner notre identité collective.
Il est alors notre nature artificielle, esthétisante des formes de nos sociétés contemporaines. Il est en définitive l’esthétique de notre environnement, car il articule le visible et l’invisible, l’infiniment grand et l’infiniment petit, le perceptible et le sensible, l’artistiqueet le scientifique, l’objectif et le subjectif, le savoir-faire et le faire savoir, l’économique et l’écologique, l’architectural et le naturel, etc. Il est tout ce qui vit et tout ce qui bouge, c’est en somme tout ce qui s’offre à notre regard élargi, c’est un pays sage ou la sagesse de notre pays, c’est tout simplement Al Mandar dans toute sa splendeur en langue arabe.


La dialectique architecturale entre le paysage, l’environnement et le développement durable


Aujourd’hui, on confond paysage, écologie et environnement. Inventés suivant les règles de la systémique au 19ème siècle par le biologiste Allemand Haeckel, l’environnement et l’écologie, font appel à la science et à l’interdépendance des écosystèmes.
Par contre, le paysage renvoie à des valeurs subjectives, sensibles et culturelles tout en utilisant le matériel Naturel comme substrat suivant des règles artistiques et fondamentales issues de la cognitive.


Le mot paysage existe déjà depuis plus de 2000 ans en Chine et il n’a été inventé en Occident qu’au 15ème siècle par les peintres Flamand.
Au Maroc, le paysage a toujours été l’un des fondements de la cité depuis la création des premières installations humaines. Et le mot arabe « Al mandar » existait dans la littérature et la poésie arabe bien avant l’islam en signifiant tout ce qui s’offre au regard « Annadar » et ce, bien qu’aujourd’hui, d’innombrables termes existent pour désigner le mot “jardin”, que l’on a tendance, par ignorance, à confondre avec le paysage « Al mandar ». Le jardin est, par contre, la mémoire du paysage, il renvoie vers la quête incessante du Paradis perdu.
Cependant, le développement durable et le paysage sont en effet intimement liés, interdépendants et d’intérêt général car : le développement durable est fondé sur l’équilibre harmonieux entre les besoins sociaux, l’économie et l’environnement, et le paysage n’est autre que le socle :


• de l’épanouissement des cultures locales,
• du fondement du patrimoine Naturel,
• et de la consolidation culturelle de l’identité collective.


Tandis que l’environnement représente tout ce qui environne l’homme, naturel et artificiel, au sein duquel se développe la vie de tous les êtres vivants à l’échelle du globe.
Ce qui fait que l’environnement, le développement durable et le paysage forment le contenant et le contenu où ils interagissent et où ils se nourrissent les uns des autres dans un dosage subtile et infini dont le seul objectif est la genèse de la conscience collective de la préservation de la planète.


Ainsi, le paysage est indispensable à la vie de tous les êtres vivants et à leurs écosystèmes. Il reste en perpétuel transformation par les activités humaines à tous les niveaux. Car, il est une ressource incommensurable de l’activité économique dont la protection, la gestion et l’aménagement appropriés contribuent à la création :


• d’une part, de la richesse nationale,
• et d’autre part, du bien-être individuel et social qui implique des droits et des responsabilités des citoyens.
Le paysage est donc l’empreinte et le hiéroglyphe de la civilisation humaine sur la planète.
C’est une interaction sociale entre l’homme et la Nature ; une sorte d’esthétique des formes des sociétés contemporaines. Il est donc l’architecture à partir de laquelle on opère la Nature originelle pour en faire notre seconde Nature.


Aujourd’hui, les revendications légitimes du public de jouir de paysages de qualité et de jouer un rôle actif dans leurs transformations sont indispensables pour préserver la qualité et la diversité des paysages en tant qu’identité collective nationale.


Les règles urbaines et socioculturelles qui engendrent le paysage où nous vivons


Autrefois, le Maroc était au cœur du dispositif de l’invention des jardins et des paysages à travers le monde par la création des médinas et ses Riads, de Marrakech aux Jardins de Versailles en passant par les Jardins Andalous de l’Alhambra et de Boboli des Médicis à Florence en Italie. Ainsi, les Jardins de l’Aguedal de Marrakech des Almohades représentaient les deux tiers de la superficie de la médina, soit 550 ha d’un seul trait, il faut dire que nous construisions la maison et son jardin à l’échelle de la ville.


Aujourd’hui, la grille normative de la loi 12/95 sur l’urbanisme ne préconise que 1.5m² de surfaces plantées par habitant et on ne réalise que 0.5m² à l’échelle de tout le Maroc.
Soit 20 fois moins la norme de l’OMS qui préconise 12m² en milieu urbain et 25m² en périphérie. Cette norme se définit suivant la capacité qu’un arbre oxygène son milieu.
En effet : un arbre de 30 ans, de 10m d’envergure et avec un feuillage dense a la capacité de dépolluer 2 tonnes de poussières par an, de rejeter 700 litres d’eau par jour sur une portée de 16ha.
Soit une absorption de 5kg de CO2 par an, l’équivalent de 5000 km de trajet d’une voiture ou 5 tonnes à l’hectare et par an.
Cependant, la nouvelle loi sur l’environnement et le développement durable, prescrit le droit à l’environnement sans pour autant qu’il soit opposable aux tiers dans les documents d’urbanisme et sans y intégrer les acteurs du paysage.

 

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Pour que l’architecture du paysage façonne au plus haut point notre cadre de vie au Maroc Il faut :


• Reconnaître juridiquement le paysage comme notre identité collective
• Créer le conseil national supérieur de l’architecture du paysage en même titre que le conseil national supérieur de l’aménagement du territoire
• Reconnaître la profession d’architecte-paysagiste dans les hautes instances gouvernementales
• Mettre en œuvre la charte nationale du paysage et la traduire dans les directives de la régionalisation avancée, tout en l’opposant aux tiers aux collectivités locales, régions et communes et la traduire dans les documents d’urbanisme et de planification en adéquation avec la loi sur l’environnement et le développement durable et celle de l’efficacité énergétique dans le bâtiment
• Inscrire la charte nationale du paysage dans la charte mondiale de l’UNESCO et la transformer en loi Paysage
• Légiférer et normaliser les interventions dans les espaces publics et dans la production du matériel végétal
• Créer des plans paysage opposables aux tiers en même titre que les plans d’aménagement
• Créer une école nationale supérieure du paysage, reconnu par la fédération internationale des architectes paysagistes
• Structurer et fédérer l’ensemble des acteurs du paysage et instaurer la triangulation juridique : Maître d’Ouvrage - Maître d’Œuvre - Entreprise à l’instar de la loi sur l’architecture
• Mettre en place un Grand Prix du Paysage pour récompenser les collectivités locales, leurs groupements et les ONG qui ont mis en œuvre une politique remarquable ou des mesures visant la protection, la gestion et/ou l’aménagement durable de leurs paysages et qui peuvent servir d’exemples aux autres collectivités territoriales nationales.

 

A propos de l’AAPM
L’association apporte l’assurance que les membres agréés ont, de par leur formation ou leur habilitation, un niveau de compétence reconnu en tant que architecte-paysagiste concepteur et maître d’œuvre. Ils se tiennent à la disposition des organisations publiques et privées pour leur apporter expertise et appui nécessaires dans les domaines de l’étude, de l’aménagement et de la planification des espaces extérieurs, afin de contribuer à un développement durable et harmonieux de nos lieux de vie au Maroc.
Tous ses membres sont agréés suite à un processus et un règlement d’admission reconnus par l’IFLA. En adhérant à l’AAPM, ils déclarent sur l’honneur qu’ils respectent le code d’éthique et de déontologie de la profession dont le but est de défendre et de poursuivre les plus hauts standards en matière de création du cadre de vie et de clarifier les enjeux et les interactions entre tous les acteurs qui œuvrent pour le projet de paysage.
• Assure une bonne pratique de la profession et garanti le respect du code d’éthique et de déontologie de l’AAPM dans l’exercice de la profession d’architecte-paysagiste au Maroc
• Fait la promotion de la profession d’architecte-paysagiste au Maroc et contribue au rayonnement de celle-ci à l’étranger
• Œuvre pour la préservation et la création de projet de paysage de qualité en milieux naturel, rural et urbain pour un meilleur cadre de vie des populations
• Fait la promotion des échanges internationaux de connaissances, de compétences et d’expérience en architecture de paysage, sur le plan à la fois éducatif et professionnel
• Offre aux membres de l’association la possibilité de se perfectionner (cours de formation continue.)
• Contribue à la création au Maroc d’un enseignement spécialisé en architecture de paysage du premier et second cycle.

 

AAPM, le représentant officiel de l’IFLA au Maroc! Créé par l’ONU en 1948, la Fédération Internationale des Architecte-Paysagistes (IFLA / International Federation of LandscapeArchitects), est l’organisme mondial des professionnels de l’architecture du paysage, avec sur tous les continents plus de 76 pays membres incluant L’AAPM qui est la seule association accréditée au Maroc par la Fédération.
Elle représente la profession de l’architecture de paysage dans les deux organisations gouvernementales et non-gouvernementales, telles que l’ONU, l’UNESCO, l’UIA, etc. L’IFLA est une organisation démocratique non-politique, non-gouvernementale et sans but lucratif dont les objectifs sont:
• de développer et promouvoir la profession et la discipline de l’architecture de paysage, avec ses arts et ses sciences connexes, à travers le monde; pour ancrer la profession dans son rôle continu d’instrument de réalisation esthétique du changement social pour le bien public;
• de contribuer à l’identification et la préservation de l’équilibre complexe de ces systèmes écologiques dont dépend l’avenir de la civilisation;
• d’établir des normes élevées de pratique professionnelle dans la conception et l’aménagement du paysage, la gestion, la conservation et le développement;
• de promouvoir l’échange international éducatif et professionnel des connaissances, des compétences et des expériences.

 

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n° 145 – Décembre 2016

 

 

 

 

 

 
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