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Maladies professionnelles : Les médecins au chevet du BTP
Mercredi, 20 Mars 2013 11:21

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«Quand le bâtiment va, tout va ! ». L’adage partagé par l’ensemble des professionnels du BTP peut-il s’appliquer à la santé et à la sécurité au travail dans ce secteur ? Il est raisonnable de rester prudent. Le secteur du BTP traîne une réputation peu flatteuse. Les accidents du travail y sont un véritable fléau. Ils sont fréquents, variés et souvent mortels.

Au Maroc, le BTP est-il un secteur dangereux ? Le seul chiffre de 2 000 accidents du travail mortels laisse penser que oui. Cependant, aucune source fiable ne confirme cette donnée et ce ne sont pas les autres chiffres sur les accidents non mortels ou sur les maladies professionnelles qui feront la différence. Autrement dit, en attendant des données fiables, il faut rester vigilant, et surtout développer des mesures de promotion de la santé et de la sécurité dans le bâtiment. Seule une véritable stratégie d’évaluation des risques professionnels associée à une culture préventive effective de santé et de sécurité au travail sera le gage d’un développement socioéconomique durable du secteur de BTP dans notre pays. Le dossier présenté dans ce numéro de Chantiers du Maroc est réalisé en collaboration entre les équipes de l’Institut National des Conditions de Vie au Travail (INCVT) et l’Unité de Santé au Travail (USAT) de la Faculté de Médecine de Casablanca. Il aborde les aspects réglementaires, en vigueur au Maroc, concernant la santé et la sécurité dans le BTP, pour aider à comprendre les obligations de l’employeur en la matière. Ce dossier dresse aussi un panorama des risques qui guettent la santé et la sécurité des travailleurs du secteur, pour attirer l’attention et mettre en oeuvre les actions préventives. Il apporte pour terminer un éclairage particulier sur les maladies après exposition et utilisation du ciment, principal produit chimique toxique utilisé dans le secteur de la construction.

Abdeljalil EL KHOLTI
Directeur Général INCVT Professeur de Médecine Santé au Travail

 

Les pathologies professionnelles liées au ciment

 

pathologies

La production du ciment et son utilisation ne sont pas sans risques pour la santé des travailleurs. Elles sont à l’origine de plusieurs maladies professionnelles souvent négligées et dont l’impact est très important à la fois sur l’intégrité physique du travailleur, mais aussi sur sa stabilité économique et sociale. Les cimentiers s’organisent pour en diminuer l’impact et la promotion du BPE devrait réduire les risques.

Dans le secteur du BTP, nombreux sont les salariés exposés au ciment. C’est le cas notamment dans les carrières et les cimenteries, les usines de fabrication du béton prêt à l’emploi, lors du transport mais également lors de l’utilisation du ciment dans la construction. Au total, le ciment est utilisé dans plus d’une trentaine de métiers (maçon, projeteur de béton, couvreur, carreleur, plombier, électricien…). Les effets toxiques du ciment sont connus depuis fort longtemps. C’est tout d’abord un irritant caustique, par la présence de la chaux ainsi que des oxydes basiques de sodium et de potassium. C’est ensuite un abrasif (en raison de sa granulométrie). Enfin, c’est un sensibilisant et un allergénique, par la présence des impuretés, en particulier le chrome, le nickel et le cobalt. Les pathologies professionnelles qui résultent d’une exposition au ciment sont multiples. Elles concernent en 1er lieu la peau et les yeux. Les poumons, les voies respiratoires et le tractus digestif sont moins fréquemment atteints. Les maladies qu’il peut engendrer dépendent de la forme du ciment. La forme sèche constitue un risque pour les voies aériennes et les yeux, contrairement à la forme humide qui serait responsable des atteintes cutanées.Ciment et peau Les défenses naturelles de la peau sont rapidement débordées par l’action caustique du ciment. L’atteinte cutanée est due à la fois aux propriétés chimiques du produit et aux agressions physiques dues à la nature du travail. Elle s’exprimera par la disparition des empreintes digitales, l’irritation des pulpes des doigts, le desséchement ou la fissuration de la pomme des mains. Cette atteinte est souvent aggravée par les conditions climatiques (froid, sudation en été…), par la manipulation de parpaings et par l’utilisation des produits chimiques tels que l’huile de décoffrage, ainsi que par la chaleur dégagée lors du mélange eau-ciment. Tous ces facteurs sont responsables de la fragilisation de la peau, ce qui rend l’effet du ciment encore plus agressif. L’atteinte cutanée irritative est la première dermatite de contact chez les employés de la construction. Elle ressemble à une brûlure de la peau qui rentre en contact du ciment, essentiellement au niveau des doigts et des mains. La peau devient rouge et luisante, puis donne lieu à un oedème. Des vésicules peuvent éventuellement se rompre. Des fissures douloureuses peuvent apparaitre sur la peau endurcie par une longue exposition. D’autres zones de contact peuvent être atteintes comme les coudes, les genoux et les cuisses. L’atteinte cutanée allergique est un eczéma favorisé par les dermites d’irritation. Il provoque des démangeaisons souvent douloureuses appelées « gale du ciment ». C’est le chrome VI, hexavalent, qui est l’allergène le plus fréquemment incriminé. Il est présent essentiellement dans les matières premières à titre d’impureté. Cependant, le seuil de chrome responsable d’une sensibilisation reste inconnu. L’eau semble avoir un rôle important dans la libération du chrome VI, car le ciment sec est moins sensibilisant, d’où le faible nombre d’eczéma dans les cimenteries. Le cobalt est également co-incriminé avec le chrome. C’est un co-allergène mais il n’est jamais seul responsable d’une sensibilisation. Cette atteinte connait des poussées même après cessation d’exposition au contact d’autres produits contenant du chrome. Une fois installée, la maladie va évoluer de façon autonome. Actuellement, la prévalence de l’allergie due au ciment a nettement baissé avec l’introduction du sulfate de fer qui a pour propriété de diminuer le risque de sensibilisation au chrome VI. L’atteinte cutanée infectieuse est dominée par les pyodermites et les surinfections des lésions cutanées existantes. Ciment et oeil L’atteinte oculaire due au ciment se manifeste principalement sous forme de conjonctivites allergiques ou irritatives. Certaines atteintes peuvent être plus graves, comme les blépharoconioses (atteinte des follicules pileux des cils par les poussières), la kératite, voir l’opacification de la cornée. Il peut s’agir parfois de brûlures caustiques accidentelles par projection du ciment. Elle nécessite un lavage immédiat de l’oeil à l’eau courante pendant au moins 15 minutes et le transport urgent du travailleur, dans tous les cas, chez l’ophtalmologiste. Ciment et poumon L’atteinte respiratoire est dominée par les poussières de ciment qui peuvent s’accumuler au niveau des voies aériennes et entrainer des symptômes respiratoires chroniques tels que toux, syndrome obstructif…L’asthme et les pneumoconioses dus au ciment sont des cas rares, mais il faut rester prudent car les ciments contiennent des particules très fines qui vont atteindre les alvéoles, la partie la plus profonde du poumon.Ciment et nez On peut observer dans certains cas d’exposition au ciment des rhinites vestibulaire dues au grattage des narines avec les mains souillées ou à l’accumulation locale des particules inhalées ce qui entraîne un risque de surinfection ou de rhino lithiase (corps étranger dans les fosses nasales) Ciment et cancer Il ne semble pas exister de risque de cancers broncho-pulmonaires. Cependant, pour les cancers digestifs, le risque est faible et semble concerner les cancers colorectaux. Statistiquement, il y a une augmentation significative de risque de cancers broncho-pulmonaires, du larynx et de l’estomac chez les maçons, par rapport à la population générale. C’est le chrome hexavalent qui serait cancérogène pour l’homme. Pour le Centre International de la Recherche sur le Cancer, le chrome VI est classé cancérogène pour l’homme (Groupe 1). Pour l’Union Européenne, il est classé en 2ème catégorie, comme substance devant être assimilée à une substance cancérogène pour l’homme. Cependant, en raison de l’existence de co-expositions à la silice et à l’amiante, il est difficile de conclure quant au rôle étiologique exclusif des poussières de ciment. En conclusion, afin d’éviter toute nocivité du ciment, il faut respecter les règles générales de prévention. Il s’agit d’utiliser des procédés générant le moins de poussières possible, isoler les machines productrices de poussières… Dans la forme humide, la prévention repose sur l’éviction du contact direct avec le ciment et les facteurs d’aggravation.

Loubna TAHRI et Abdeljalil EL KHOLTI

 

Santé et sécurité au travail : la législation appliquée au BTP

 

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Au Maroc, la législation qui gère la relation entre un employeur et un salarié était sous forme de loi coutumière jusqu’en 1913. Cette année-là, le Dahir sur les contrats et obligations a marqué le commencement d’une nouvelle ère de la législation marocaine. Chantiers du Maroc fait le point sur la règlementation marocaine de santé et de sécurité au travail appliquée au BTP.

Le Dahir de 1913, toujours en vigueur, stipule (articles 749 à 752) que tout employeur doit mettre à disposition de son personnel des chambres et ateliers en bon état, avec de bonnes conditions de salubrité et de sécurité. Il doit veiller à ce que les appareils, machines, instruments et tout autre objet au moyen duquel s’accomplit le travail, soient en état de garantir contre tout danger celui qui les utilise. L’employeur est tenu d’entretenir ces équipements. Il doit prendre toutes les mesures de précaution nécessaires afin de garantir la vie et la santé de ses ouvriers. Enfin, l’employeur doit répondre des accidents ou sinistres dont l’ouvrier est victime en exécutant le travail qui lui a été confié, lorsque l’accident ou le sinistre a pour cause la violation ou l’inobservance par l’employeur des règlements spéciaux relatifs à l’exercice de son industrie ou de son art.
En 1927, la loi sur la réparation des accidents du travail a vu le jour. Par voie judiciaire, elle oblige les employeurs à réparer les dommages dont les salariés sont victimes lors d’accident du travail (AT). Le BTP, secteur à risque des accidents du travail, reste toujours soumis à ce texte. Nous ne disposons pas de chiffres officiels en matière d’AT pour cette activité.
En 1943, le texte sur la réparation des maladies professionnelles a complété la réparation des lésions professionnelles. Depuis cette date, les employeurs voient leur responsabilité engagée en matière de réparation automatique des AT et de maladies professionnelles, sur décision du juge.
Une législation spécifique
A partir de 1950, des textes spécifiques au secteur du BTP ont vu le jour. Ainsi, en décembre 1950, trois arrêtés ont été publiés.

Le premier est relatif aux médicaments et au matériel médical qui doivent être détenus en permanence sur les chantiers. Le deuxième traite des précautions à prendre par les travailleurs qui emploient le ciment à prise rapide. Le troisième définit les termes de l’affiche indiquant les prescriptions hygiéniques à observer dans l’emploi du ciment à prise rapide. Ces obligations ont été complétées en 1952 par un arrêté relatif aux mesures particulières de protection et de salubrité applicables dans les chantiers du bâtiment et des travaux publics, puis en 1953 par un arrêté indiquant la liste des médicaments et du matériel médical qui doivent être détenus en permanence sur les chantiers.
Dès 1930, les mines ont été dotées d’un texte, toujours en vigueur, sur la problématique de l’hygiène et de la sécurité. En 1952, un texte sur l’hygiène et la sécurité sur les lieux de travail,l a obligé l’ensemble des employeurs à se pencher sur la problématique des risques professionnels. A cette période, les autorités ont publié un texte sur le ciment à prise à rapide, toujours en vigueur, qui prévoit les lésions à dépister en cas d’exposition à ce produit.
Médecine de soins et prévention
Un an après l’indépendance, le gouvernement marocain a publié un texte sur l’organisation des services médicaux du travail et obligé les entreprises à organiser la médecine de soins et de prévention sur les lieux de travail.
Le secteur du BTP étant considéré à haut risque pour les pneumoconioses, trois textes ont vu le jour, respectivement en 1967, 1968 et 1971, pour expliquer les professions exposées, les moyens médico-techniques de surveillance des salariés exposés et les modalités de réparation.
Un texte spécifique sur l’utilisation des rayonnements ionisants que les employeurs peuvent utiliser dans le secteur des BTP, notamment pour contrôler les soudures, a été publié en 1971. Cette loi n’a été complétée par un décret d’application qu’en 1997. Il stipule que les employeurs doivent mettre en place une surveillance médicale renforcée et un contrôle des doses de rayonnement reçues par chaque salarié.
En 1997, le Maroc a décidé de publier un texte sur l’usage sécuritaire de l’amiante, matière principalement et largement utilisée dans le BTP pour l’isolation (matériaux aujourd’hui interdit par l’Europe, l’Algérie et la Tunisie). La loi marocaine interdit l’usage de l’amiante sous forme des amphiboles. Elle oblige les employeurs à mettre en place des moyens de protection et d’hygiène pour les salaries exposés, avec indication de la mise en place d’une valeur limite qui n’a vu le jour qu’en 2012. En 1999, la mise à jour des tableaux des maladies professionnelles a été effectuée et beaucoup de tableaux s’appliquent au BTP (ciment, geste et posture…).
L’employeur responsable avec le salarié
En 2004, une nouvelle ère a commencé pour la relation entre les employeurs et les salariés, notamment dans le domaine de la santé sécurité au travail. Le changement est de taille, puisque le Code du travail désigne l’employeur comme le responsable de la santé, de la sécurité et de la dignité de ses salariés. Il a aussi mis en avant la responsabilité du salarié qui doit respecter et appliquer toutes les mesures de sécurité et d’hygiène dont il a été préalablement informé, sous réserve que les équipements de travail qu’il utilise soient conformes et que des équipements de protection individuelle adaptés lui soient fournis.
Ce Code a mis en place les principales obligations de la prévention des risques professionnels à travers les décrets d’applications, notamment le décret de 2008 sur l’hygiène-sécurité sur les lieux du travail qui traite l’incendie, le bruit, les exigences en matière de salubrité des locaux réservés à l’hébergement des salariés et la prévention des accidents du travail. La place de la Médecine du travail a été largement traitée malgré quelques insuffisances. Ainsi un service médical autonome ou interentreprises est obligatoire pour les entreprises structurées.
Ce recueil de textes démontre que les obligations des employeurs dans le secteur du BTP restent importantes en matière de prévention des risques professionnels et de réparation des lésions professionnelles. La bonne application de ces textes est placée sous le contrôle des médecins inspecteurs du travail et de leurs collègues inspecteurs du travail. Leur non-respect est passible de sanctions (amende – peine de prison)

Bennaceur BENALI et Abdeljalil EL KHOLTI

 

Les risques professionnels dans le secteur du BTP

 

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Au Maroc, le BTP emploie presque 100 000 personnes dans plus de 800 entreprises structurées. On ne dispose pas de statistiques fiables sur les lésions professionnelles dans ce secteur. On sait par contre que les risques professionnels y sont principalement liés à l’environnement du travail (physiques, chimiques, biologiques), à l’organisation du travail et à la sécurité. Sont ici traités les risques qui favorisent le développement des maladies professionnelles.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics représente 5 à 15% du produit national brut de la plupart des pays : environ 4% aux Etats-Unis, 6,5% en Allemagne et 17% au Japon, par exemple. Au Maroc, en 2010, le BTP représentait 6% du PIB.
Les employeurs n’emploient le plus souvent qu’une faible proportion de travailleurs à plein temps. Par ailleurs, un grand nombre d’entreprises sont spécialisées dans plusieurs secteurs d’activité : électricité, plomberie, carrelage, béton armé, charpente métallique… et travaillent souvent en sous-traitance. Le BTP est réputé pour son taux élevé d’accidents du travail. Plusieurs maladies professionnelles chroniques ont aussi tendance à s’y développer. Les troubles musculo-squelettiques, les pertes d’audition, les dermites et les affections respiratoires sont les plus courantes dans ce secteur. D’importants problèmes résultant d’une mauvaise alimentation, du tabagisme, de la consommation d’alcool ou de drogues se rencontrent plus particulièrement chez une proportion non négligeable des travailleurs du bâtiment.
Bruit
L’exposition au bruit sur le lieu de travail est susceptible d’affecter la santé des travailleurs. La perte auditive (surdité) en est l’effet le plus connu, mais le risque accru d’accidents et l’exacerbation du stress comptent aussi parmi les conséquences possibles du bruit au travail.
L’exposition quotidienne à des niveaux élevés de bruit entraine fatigue auditive, pertes d’audition et, à terme, surdité professionnelle.
Cofacteur du stress, le bruit peut aussi amener d’autres effets néfastes pour la santé, comme des troubles cardiovascu- laires, de l’hypertension, des troubles du sommeil ou de la digestion.
La consommation de certains médicaments ou l’exposition à certains produits chimiques, notamment des solvants, peuvent également aggraver les effets du bruit sur l’homme.
Le seuil de danger au-delà duquel des dommages peuvent survenir est estimé à 85 dB(A) - niveau moyen sur une journée de travail de huit heures. Mais à partir d’un niveau sonore moyen de 80 dB(A) sur huit heures, on peut déjà considérer le niveau d’exposition préoccupant.
Vibrations
Les vibrations dues aux engins et outils sont de deux types :
vibrations transmises au système main-bras (meuleuses, tronçonneuses, marteaux-piqueurs…) et vibrations transmises à l’ensemble du corps par les machines mobiles (chariots de manutention, engins de chantier, matériels agricoles …). Cette exposition peut être associée à d’autres contraintes au cours de l’activité de travail : efforts musculaires, postures contraignantes, conditions psychosociales et organisationnelles inadaptées.

Chaleur et froid
Dans un pays ensoleillé comme le Maroc, l’exposition au soleil est également importante dans le secteur des BTP. Fatigue, sueurs, nausées, maux de tête, vertiges, troubles de la vigilance, crampes sont des symptômes courants liés à la chaleur. Ces symptômes peuvent être précurseurs de troubles plus importants : déshydratation, voire coup de chaleur pouvant entrainer le décès. La baisse de vigilance augmente d’autre part le risque d’accident du travail.
Il faut noter que l’acclimatement n’intervient que 8 à 12 jours après le début de l’exposition à des situations de travail à la chaleur. Si la chaleur vient du soleil, elle est associée à un rayonnement ultraviolet et infrarouge dont il faut tenir compte.
A long terme, des pathologies comme les cancers cutanés restent élevées dans ce secteur d’activité.
Les situations d’exposition au froid le plus souvent rencontrées concernent le travail dans un local ouvert ou non (entrepôts, entrepôts frigorifiques, abattoirs, conditionnement de produits frais ou surgelés, entretien ou réparation de chambre froide) ; le travail à l’extérieur (BTP, industrie des transports…).
Une exposition directe au froid cause principalement :
• Perturbation de l’activité manuelle, imprécision des gestes
• Douleurs d’intensité différentes selon l’exposition au froid, acrosyndrome et syndrome de Raynaud et troubles musculo-squelettiques (TMS)
• Dans des situations extrêmes, l’hypothermie peut entraîner un coma et même provoquer la mort.
Maladies infectieuses (intertitre)
La survenue et la propagation des maladies infectieuses parmi les travailleurs de la construction indiqueraient des conditions de vie très précaires. La vie dans des abris de fortune avec une promiscuité importante sont des conditions favorisant la transmission de maladie, notamment la tuberculose, la grippe, hépatite virale A…. La loi indique les mesures d’hygiène et de sécurité à respecter pour le logement des salaries dans le BTP. Les morsures sont aussi des événements fréquents dans ces abris (serpent, guêpe....
L’OMS estime que certains travailleurs de la construction ont un risque élevé d’infection par le VIH. Leur travail les amènerait à vivre loin de leur domicile pour de longues périodes pendant lesquelles ils seraient susceptibles de chercher des partenaires sexuels parfois à risque.
Troubles musculo-squelettiques
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent un grave problème de santé au travail partout dans le monde et touchent plusieurs millions de travailleurs. Au-delà de la souffrance humaine, ils sont à l’origine de déficits fonctionnels gênant l’activité professionnelle. Ils constituent de ce fait un lourd fardeau économique pour la société, à la fois parce que ce sont les maladies professionnelles les plus fréquentes mais aussi parce qu’elles sont à l’origine d’un important absentéisme et donc d’une perte d’efficacité pour l’entreprise (remplacement, perte de qualité et de productivité, perturbations dans l’organisation du travail). Sans compter les difficultés de reclassement d’un salarié atteint…
Les tendinites, le syndrome du canal carpien, les synovites sont autant des pathologies fréquentes dans le BTP. Les postures pénibles définies « comme position forcée des articulations » sont principalement celles qui comportent des angles extrêmes des articulations (le bras au-dessus de la ligne des épaules est une posture extrême pour l’épaule). Cependant, le maintien de position(s) articulaire(s) durant de longues périodes génère des contraintes physiques locales (posture des bras sans appui, maintien prolongée d’une posture accroupie ou le dos penché en avant,…) et globales (station statique prolongée).
Les postures extrêmes ou prolongées constituent des facteurs de risques de TMS. Toute posture du corps peut entraîner progressivement de l’inconfort, de la fatigue et des lésions musculo-squelettiques (TMS) lorsqu’elles sont maintenues et répétées ; une réduction durable des capacités fonctionnelles.

Risques psycho-sociaux
Le stress et le harcèlement moral sont des risques importants dans un secteur comme le BTP. Les conséquences pour la santé des travailleurs sont parfois dramatiques. La dépression, les migraines, la tension artérielle, les maladies de peau (eczéma, psoriasis...), les problèmes cardiaques, les troubles respiratoires, les troubles gastriques, certains troubles hépatiques...sont autant de pathologies qui peuvent être générés par le stress.
Les addictions qui se caractérisent par le comportement incontrôlable d’une personne assujettie à une/des dépendance (s) et ce malgré sa connaissance des conséquences négatives de son comportement.
La consommation de produits (alcool, drogues, médicaments..) peut mettre en danger la santé et la sécurité du consommateur, de son entourage professionnel ou de tiers, et être à l’origine d’accidents de travail. Les risques peuvent porter sur une perte d’attention ou de vigilance, une modification de la perception du risque et/ou une prise de risque. Ils peuvent mettre en danger la personne du travailleur ou autrui.
Dans le secteur des BTP ; les travailleurs passent généralement d’un chantier à l’autre et ne restent souvent que quelques semaines ou quelques mois sur un projet particulier, ce qui n’est pas sans conséquences, pour eux comme pour les projets. Ils doivent établir en permanence des relations de travail productives et sûres avec d’autres travailleurs qu’ils ne connaissent pas, ce qui peut nuire à la sécurité sur le chantier. Au cours d’une année, ils ont souvent plusieurs employeurs. Ainsi, la gestion de la santé et sécurité pose de multiples contraintes pour les employeurs et le salarié qui doivent s’armer de patience et de vigilance pour le bon déroulement de l’activité, afin de préserver leur bien-être au travail.


Bennaceur BENALI et Abdeljalil EL KHOLTI

 

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