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Logement social à Rabat : Al Kora montre l’exemple
Vendredi, 04 Mars 2011 17:36

Logement social à Rabat : Al Kora montre l’exemple

Sollicitée pour atténuer la crise de l’habitat social au Maroc, la CDG (Caisse de Dépôt et de Gestion) a pu offrir à une partie des habitants de Douar Al Kora, des logements sociaux uniques en leur genre, avec le soutien de sa Majesté le Roi Mohamed VI.

Le recasement de Douar Al Kora, le bidonville le plus problématique de la capitale, dont les habitants avaient perdu toute confiance en l’État, est une expérience unique pour tous les intervenants qui ont travaillé sur le social. Une grande partie de ce fléau étant toujours sur place, les nombreuses baraques restantes leur donneront du fil à retordre, mais la satisfaction due aux unités déjà réalisées leur donne autorise à beaucoup d’espoir. S’étalant sur 11 hectares et sur un emplacement stratégique le long de la corniche de la capitale, Douar Al Kora constitue un gros point noir dans le paysage urbain de la capitale. Le projet de recasement de ce douar s’est avéré très problématique et très complexe, accompagné de grandes réflexions sociales.

Face à des citoyens qui avaient perdu toute confiance en l’État, un accompagnement social de l’opération s’est avéré nécessaire ; même si ce n’est qu’en 2004 qu’a été initié un travail méthodologique de fond pour définir les textes de référence de l’accompagnement social concernant les opérations entrant dans le cadre du programme « Ville sans bidonvilles ».

L’accompagnement social est un outil qui a oeuvré de pair avec l’architecture domestique sur ce projet, afin d’améliorer le cadre de vie de larges couches de la population, comme l’avait plaidé la défunte sociologue de renom, Françoise Navez Bouchanine, qui avait travaillé pendant des années dans les sciences sociales appliquées à l’urbanisme.

Conscients des grandes contraintes imposées sur ce projet, les architectes qui ont travaillé en association à le concevoir ont mené une profonde réflexion afin d’en sortir un modèle différent, meilleur que les programmes d’habitat social précédents qui ont fini par ressembler à des lotissements économiques ordinaires, dont la qualité du paysage urbain est souvent aux antipodes des ambitions initiales.

Ayant une grande expérience dans l’architecture domestique et l’habitat social via le projet Nassim lancé par la SONADAC à Casablanca, le projet Kora était pour Abdelouahed Mountassir, l’un des architectes du projet, une continuité de la réflexion sur la manière d’habiter, le mode de vie et ce que nous cherchons comme changements à opérer par rapport à la société.

L’architecte est intervenu début novembre 2008 pour le journal Libération, expliquant que le logement social a droit à l’architecture. « Kora est une occasion pour les institutions de l’État de faire des démonstrations, pousser les urbanistes à penser autrement la ville ; c’est pour ce genre de projet qu’il faut capitaliser, sédimenter notre savoir afin qu’il nous renvoie toujours vers cette relecture de l’espace », explique Mountassir.

D’une densité de 120 logements par hectare, le projet Kora présente une grande générosité en espaces extérieurs et jardins, ce qui change complètement son paysage urbain ; une première en matière d’habitat social ! Cette générosité, comme l’explique le co-auteur du projet, est le simple résultat d’une honnêteté et d’une entente entre la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage qui ont réalisé qu’il faut offrir un maximum d’espace de vie extérieure, d’équipements, de verdure et de jeux pour le confort des usagers . « La ville, affirme Mountassir, a une réalité, c’est les gens qui la lui donnent. »

Pour Abdelouahed Mountassir, le changement principal qui pourrait faire la différence : l’espace public et ses équipements, car, dit-il : « c’est le vide qui fait la ville ».

Dans ce sens, le plan de masse du projet est vital, c’est une pièce déterminante du projet puisqu’elle définit les limitations sociales et permet de travailler l’espace public de liaison.

Les groupes d’habitation sont distribués sous forme d’îlots mesurés, travaillés

à l’image de la maison ancienne : l’intérieur se transforme en patio collectif permettant à tous les logements d’avoir deux façades qui leur permettront un meilleur ensoleillement et une meilleure respiration.

La partie relogement est portée sur 162 000 m², elle offre 2200 logements de types F2, F3, F4 ; la sobriété des façades des unités sociales ne laisse pas l’esthétique en reste, mais c’est l’image extérieure d’un grand travail qui s’est fait sur la qualité intérieure de l’unité d’habitation, partant du concept : « more ethic, less esthetic », explique Abdelouahed Mountassir. « L’habitat social est une réalité socioéconomique et spatiale, ses déficiences esthétiques doivent être relativisées à la lumière de sa logique propre », selon Abdelhadi Benchafaî, architecte, pour AM 19, novembre décembre 2004.

La partie conçue en moyen standing permettant d’amorcer la façade maritime de Rabat sera le point de départ de la future corniche de la ville. Les unités résidentielles sont d’une écriture marocaine arabo-mauresque r’bati, à la demande du maître d’ouvrage. Elles présentent un recul de vingt mètres imposé par le plan d’aménagement communal.

Enfin, avec le projet Kora, nous attendons tous l’émergence de la nouvelle capitale. « Rabat la magnifique ! Comme conclut Abdelouahed Mountassir, une ville qui embellit et arrivera à maturité avec son projet Bouregreg, son tramway, le projet Safira… pour devenir une ville de bien-être Al

Kora.»

Asmae Issam

 

 

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