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Interview Tarik OUALALOU, Architecte, Président FADA
Mercredi, 21 Mai 2014 14:02

 

C’est donc une initiative personnelle et un vrai cadeau que vous avez apporté au Maroc ?

 

C’était certainement une initiative personnelle au départ, mais nous avons voulu très vite, qu’elle soit portée par une structure émanant de la société civile, d’où la création de la fondation FADA (Fondation pour les Arts le Design et l’Architecture). C’est cette fondation au côté de l’ambassadeur du Maroc à Rome qui assure le commissariat du projet. Notre volonté est de faire de cette fondation, au-delà de cette manifestation, un véritable acteur culturel pour accompagner le rayonnement des arts, du design (souvent oublié) et de l’architecture.
Ce sera en tout cas un moment extraordinaire pour l’architecture dans notre pays. Que ce soit dans la trajectoire historique que nous montrons de cette aventure architecturale et urbaine du 20e siècle, ou dans la production contemporaine que nous voulons également mettre en avant, la voix du Maroc est d’une grande puissance et clarté. Nous tenons à la faire entendre dans le concert des grandes nations.

 

Quel est le thème du Pavillon du Maroc ?

 

Présent pour la première fois à la Biennale de Venise, le Maroc développe un thème autour de sa contribution unique à la grande aventure architecturale du 20e siècle. Territoire d’exploration radicale, autant que terre d’accueil, le Maroc présentera à la fois une trajectoire historique qu’appelle le thème général de la biennale, mais également un instantané de la scène contemporaine. Appelé fundamental(ism)s en clin d’œil au thème général proposé par Rem Koolhaas qui veut explorer les fondamentaux de la pratique des cent dernières années, le Pavillon du Maroc sera une exploration de ce que le territoire a appelé comme démarches uniques et radicales.

 

La trajectoire.

 

La contribution du Maroc à la grande aventure architecturale des cent dernières années est d’avoir été un territoire d’exploration et d’expérimentation. Le Maroc a autant été transformé qu’il a détourné les trajectoires architecturales qui l’ont traversé. Véritable laboratoire architectural et urbain, le Maroc comme territoire a toujours appelé des propositions aux limites extrêmes et uniques. C’est ce rapport à l’expérimentation et aux limites que nous voulons explorer dans cette exposition. C’est aussi cela la véritable tradition marocaine.

 

L’instantané.

 

Pour faire cette photographie de la scène contemporaine au Maroc, qui, si elle s’est assagie, doit se réinscrire dans cette tradition de la radicalité expérimentale qu’a toujours appelé le territoire marocain, il apparait important de faire réfléchir les architectes sur un territoire qui est au centre de l’identité contemporaine marocaine, mais à la marge et aux limites de notre pratique du territoire : le Sahara.
La marocanité du Sahara est d’une telle évidence pour nous qu’elle cache parfois une nécessité d’intégration culturelle et savante, une nouvelle façon de s’approprier le territoire, de l’habiter. Je considère qu’en tant qu’architecte, nous devons participer et animer ces réflexions. C’est également un territoire qui par ses conditions extrêmes, nous permet de faire revivre cette tradition de radicalité et d’expérimentation novatrice ».

 

Votre activité professionnelle vous laisse-t-elle le temps de prendre de telles initiatives ?

 

Comme vous l’imaginez bien, un projet de cette envergure est extraordinairement exigent et prend énormément de temps, néanmoins Linna et moi avons créé l’agence avec la volonté depuis le début d’avoir une partie de notre activité qui sorte du champ strictement commercial de notre métier. La recherche, l’enseignement, mais également l’accompagnement de projets associatifs font partie de l’ADN de notre travail et percole dans la production du projet architectural.
J’ai toujours considéré l’architecture comme une pratique savante et engagée, et pas uniquement comme une production d’objets et une exploration formelle. Des projets comme celui-ci, s’inscrivent véritablement dans ce que nous sommes.

 

Quelle est la genèse du concours organisé par FADA et pourquoi l’avoir organisé car rien ne vous y obligeait ?

 

J’ai pu vous le dire plus haut, bien que cette biennale en particulier soit très ancrée dans une approche historique et didactique, nous avons insisté pour que la dimension contemporaine de la production architecturale au Maroc soit mise en avant. Nous avons lancé ce grand concours ouvert à l’ensemble des architectes et des étudiants en architecture pour impliquer l’ensemble de la profession et de la scène, pour permettre une appropriation du pavillon et surtout pour permettre l’émergence de nouveaux talents.
Les projets qui ont été soumis sont d’une très grande qualité et les discussions du jury ont été passionnantes.

 

Quelle est la suite maintenant ?

 

Nous sommes aujourd’hui à 10 semaines de l’ouverture du Pavillon du Maroc, c’est la dernière ligne droite d’un projet que nous accompagnons depuis près d’un an. Nous sommes, comme vous pouvez l’imaginer, très pris par la mise en œuvre et la préparation de l’ouverture. Néanmoins, nous nous préoccupons particulièrement de la vie de ce pavillon pendant les 6 mois que va durer l’exposition. Nous souhaitons qu’un maximum d’architectes, d’étudiants et d’acteurs culturels soient au rendez-vous. Nous voudrions également que ce pavillon soit une plateforme qui permette d’animer par des conférences, séminaires et évènements connexes le débat de l’architecture au Maroc. Nous travaillons donc activement à cette programmation.

 

 

 

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