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Interview Houcine JAOUANI, Directeur technique LPEE
Vendredi, 05 Décembre 2014 11:00

houssine-ejjaouni

 

Rabat met le génie parasismique maghrébin à l’honneur


À la lumière des sinistres, les connaissances en matière parasismique avancent rapidement. C’est pour faire le point sur les avancées en la matière que le Congrès Maghrébin de génie parasismique a été réactivé.


Dans quelles circonstances est organisé ce congrès ?


H.J : Ce congrès Maghrébin est organisé pour réactiver le Comité Maghrébin de Génie Parasismique qui a été créé au début des années 90 et qui a fonctionné merveilleusement pendant une dizaine d’années. En effet, de 1990 à 2000, il y a eu des rencontres permanentes entre les spécialistes Maghrébins de génie parasismique et l’organisation de plusieurs manifestations scientifiques et techniques qui nous ont permis d’échanger nos expériences et de faire avancer nos travaux de recherches dans ce domaine. Il faut bien rappeler que le contour méditerranéen et en particulier les pays du Maghreb, ont les mêmes particularités géologiques, géotechniques et sismotectoniques. Par conséquent, toutes les données qui se trouvent dans un pays pourront être exploitées par les autres pays. Quand on sait que pour les évolutions des codes parasismiques, l’une des sources d’information qui est exploitée en premier lieu par les experts est l’expérience vécue pars les séismes produits, chaque séisme est malheureusement, un test en vraie grandeur pour actualiser nos connaissances quant au comportement des sols et structures vis-à-vis des séismes.


En quoi la science parasismique peut-elle évoluer tous les deux ou trois ans ?


H.J : Comme il a été annoncé ci-dessus, toutes les grandes avancées réalisées en matière de codification, de règlementation ou d’approche de calcul sont en premier lieu tirées des séismes produits, qui sont les vrais laboratoires donnant nous donnent directement des leçons à apprendre, sans passer par des corrélations. Il reste, certes les travaux de recherches dans différents laboratoires qui sont aussi intéressants mais ils jouent surtout comme appuis pour expliquer les observations relevées sur le terrain. A titre d’exemple et dans le domaine des sols, le risque de liquéfaction des sols reste à ce jour géré par des abaques tirés du terrain. A chaque fois, il y a une actualisation de ces abaques en fonction des données qui remontent du terrain mais il n’y a pas de méthode théorique reconnue à ce jour pour évaluer la liquéfaction. Pour répondre à votre question, je pense que les avancées en parasismique ne peuvent pas évoluer tous les 2 ou 3 ans. S’il n’y a pas de séisme durant les 5 prochaines années, il n’y aura pas d’évolution significative. C’est pour cela que les évolutions significatives ont lieu en général tous les 10 ans, compte tenu de la fréquence des séismes. En effet, après les séismes, il y a en général l’avis d’experts pour récolter les différentes observations, puis il y a des interprétations qui diffèrent des uns aux autres. Selon les interprétations, il y a des recherches qui sont programmées au niveau des laboratoires pour confirmer ou infirmer telle ou telle thèse retenue sur le terrain et ce n’est qu’après les avis d’experts qu’il y a des recherches qui sortent.


Qu’est ce qu’il y aura de nouveau dans cette édition ?


H.J : Comme je l’ai dis, cela fait 15 années qu’il n’y a plus de contact officiel entre les experts du Maghreb et il n’y a plus de travail en commun qui se fasse. Donc, ce prochain congrès a pour objectif, à côté du contenu scientifique qui s’étale sur deux jours, de redynamiser le Comité Maghrébin et de constituer des comités techniques de travail par spécialité, qui vont tout de suite commencer à travailler et produire des recommandations techniques pour les prochaines rencontres. Il faut noter que depuis nos dernières rencontres de la fin des années 90, les codes nationaux ont évolué dans nos divers pays. Il faut donc et donc il y a en premier lieu présenter les changements réalisés pour se mettre au même niveau d’information afin d’aller de l’avant.
Le RPS 2000 V 2011 vient d’entrer en application mais beaucoup de professionnels n’en connaissent pas les principales nouveautés.


Pouvez-vous nous décrire rapidement les nouveautés apportées par le nouveau code ?


H.J : Pour le PS 2000 V 2011, je pense qu’il y aura une présentation lors du congrès par un représentant du Ministère de l’Habitat et de la Politique de la Ville qui va donner les nouveautés par rapport au RPS 2000. Je peux tout de suite avancer que du point de vue géotechnique :
- il n’y a plus trois types de sol mais 5
- il n’y a plus trois zones de sécurité mais 5
Rien que ces deux aspects permettent une optimisation importante dans le dimensionnement des ouvrages et on en parlera lors du congrès.


Quels sont les pays invités qui, à votre avis, répondront présents ? De quelles expertises disposent-ils ?


H.J : Ce congrès Maghrébin est organisé au niveau du Maroc par l’Association Marocaine de Génie Parasismique avec le Ministère de l’Habitat de l’urbanisme et de la politique de la ville et le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes avec le concours de l’UISF (Union des Ingénieurs et Scientifiques Francophones). Comme coorganisateur de ce congrès il y a le Comité Algérien de Parasismique et l’Association Tunisienne de Génie Parasismique.
Le congrès est ouvert à toute communication qui entre dans le cadre du thème et il y a un comité scientifique qui arrêtera le programme et les communications qui méritent d’être exposées.

 

 

Paru dans Chantiers du Maroc N°120 – Septembre 2014

 

 

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