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Sécurité des chantiers : comment freiner l’hécatombe ?
Lundi, 15 Juin 2015 16:40

luc-roure

 

Luc Roure est directeur de bureau d’études et coordinateur SPS , sécurité, protection de la santé des travailleurs. Présent à Préventica, il nous raconte son sentiment sur l’état désastreux constaté de la sécurité des chantiers au Maroc.
Mais ce n’est pas une fatalité puisque, sans la règlementation (1993) et la prise de conscience des grands constructeurs, la France n’aurai pas si bien évolué en matière d’accidentologie.


Quel est l’objet de votre participation à PREVENTICA ?


L.R : Notre société, HORUS, a deux départements. Un département bureau d’études techniques spécialisé dans l’industrie, et un département de la supervision des travaux dans le domaine industriel mais aussi pour des gros chantiers d’infrastructures au niveau hygiène sécurité environnement : c’est notre cœur de métier. Nous avons déjà exposé à Préventica Bordeaux et Marseille et le Maroc était une initiative de notre direction qui voulait développer l’export. C’était une occasion de se faire connaître au Maroc.


Quel est votre domaine d’intervention dans le BTP ?


L.R : En France, le législateur européen a imposé aux maîtres d’ouvrage un encadrement de sécurité et de protection de la santé pour garantir des conditions de travail sûres pour les gens qui travaillent dans le BTP. Ce que vous avez rencontré au Maroc aujourd’hui, nous l’avons rencontré en France il y a quelques années aussi. On avait énormément d’accidents de travail dans le domaine du bâtiment et des travaux publics. On avait un taux de fréquence d’accidents assez élevé et de ce fait, le législateur, au niveau européen, a décidé de mettre en place des spécialistes pour contrôler les activités des chantiers et réduire les sinistres.


Avez-vous fait des rencontres intéressantes à Préventica ?


L.R : On a rencontré des directeurs d’hygiène sécurité des industries phares du Maroc comme La Samir, l’OCP et le Port de Casablanca. Ce qui était intéressant fut justement de rencontrer des donneurs d’ordres, ce qui n’était pas le cas lors de notre première visite au Maroc en 2012. Nous avons pu discuter avec des entreprises sur le sujet et développer avec eux un partenariat dans le cadre de l’encadrement HSE et ses techniques sur les futurs chantiers structurels ou d’industries au Maroc.


Vous avez des contacts potentiels qui pourraient donner lieu à des futurs volumes d’affaires ?


L.R : Nous avons déjà des offres à formuler comme celle la société UNILEVER sur Casablanca qui nous a consulté pour un appel d’offre pour la mise à niveau du site en ce qui concerne la sécurité incendie et la sécurité antiexplosive. Fin avril, nous participerons à un colloque auprès de la Samir au niveau de la mise en sécurité des travaux de maintenance et des travaux structurels dans le cadre des raffineries. Nous commençons donc à avoir des contacts intéressants pour pouvoir envisager dans les mois qui viennent un partenariat avec une agence marocaine. Notre objectif serait de trouver à court terme des ressources humaines locales et les former à notre philosophie de l’encadrement technique et HSE et avoir des collaborateurs marocains qui développent notre principe et philosophie de travail.


Travaillez-vous en France avec des entrepreneurs de construction ?


L.R : Oui, on collabore beaucoup avec des grands entrepreneurs de construction que vous connaissez certainement comme BOUGUES, EFFAGE, VINCI…. On travaille avec eux souvent par le biais d’un maître d’ouvrage important que sont de grands institutionnels comme les hôpitaux de Marseille, EDF et de grand maîtres d’ouvrage dans le domaine des logements sociaux .


Qu’est ce que vous leur apportez concrètement sur un chantier ?


L.R : Notre mission de base en tant que coordinateur SPF est de mettre en place une organisation en terme de conditions de travail sur les chantiers : des bases de vie (toilettes, vestiaires,..); de réfléchir à toute l’organisation environnementale du chantier en évitant les risques avec des activités polluantes, faire en sorte que le chantier soit clôturé, qu’il ait des accès, qu’il soit repéré… Tout ça fait partie des missions du coordinateur SPF.


Et puis, concrètement, sur le chantier, notre mission est d’éviter le risque de co-activités entre entreprises par le biais de réunions hebdomadaires de toutes ces dernières et travailler sur une réflexion de coordination pour éviter, par exemple, qu’une entreprise fasse du levage sur la tête d’une autre. Ensuite, voir avec l’entreprise générale, si elle existe sur le chantier, si elle met bien en place les protections collectives, qu’elle applique bien toutes les réglementations existantes et s’assurer aussi que les protections collectives soient mises en place. Comme, par exemple, lors de la construction d’un immeuble : vérifier qu’il y ait des protections sur les trémies ainsi qu’en périphéries des toitures terrasse pour éviter les risques de chute. En gros, faire appliquer toutes les règles inhérentes à la sécurité publique liées au code du travail


Au Maroc quel jugement portez-vous sur le niveau de la protection des chantiers de construction ?


L.R : Il n y a aucune notion de sécurité ou de mise en place de protection collective sur le peu de chantiers que j’ai vu en passant. Malheureusement, on est dans des métiers où les gens n’ont pas, ou peu, de bagage éducatif. Ces personnes sont susceptibles de risquer leur vie à tout moment.
Je pense que c’est un problème d’éducation à la sécurité. Avant l’application des systèmes de sécurité, il doit déjà y avoir une volonté d’Etat. En Europe, les grands groupes de constructeurs se sont imposés une discipline en matière de sécurité et de protection collective sur leurs chantiers. Il y a eu une grande évolution en Europe grâce aux grands groupes et aussi grâce aux lois qui imposent une supervision dans les chantiers… mais il reste beaucoup de travail à faire.


Le Maroc, à un moment donné, devra à son tour avoir un réelle prise de conscience à ce sujet sachant qu’un accident de travail coûte beaucoup d’argent à l’entreprise qui a un accidenté. A part sa prise en charge, le chantier est arrêté pour une certaine période et il en résulte une perte de temps et d’argent aussi.
Il faut savoir qu’il y a toujours des chantiers, en Europe, avec des conditions catastrophiques. Il ne faut pas croire que c’est juste au Maroc. Même avec un arsenal de lois imposées, il y a toujours des gens qui ne respectent pas les conditions de travail.


Paru dans Chantiers du Maroc N°127 – Avril 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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