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Contrat-Programme : en attente de la signature officielle
Jeudi, 10 Septembre 2015 10:33

mustapha-miftah

 

Après un premier contrat-programme qui a permis, notamment aux grandes entreprises marocaines, d’accéder à des marchés qui lui étaient autrefois fermées, la FNBTP et la FMCI sont aujourd’hui prêtes à signer la deuxième mouture. Reste le calendrier politique d’une telle annonce. Mustapha Meftah, directeur délégué de la FNBTP, nous en révèle les principaux acquis.


Je voulais un petit peu savoir où en est l’application de ce deuxième contrat programme ?


M.M : Les négociations sur le nouveau contrat-programme sont terminées. Il ne reste plus qu’au chef du gouvernement de définir la date de sa signature officielle et le format que va prendre la cérémonie. Maintenant, ce sont les aspects politiques et la communication qui priment. Il y aura tous les ministères concernés ainsi que les services du chef du gouvernement.


Quelles ont été les principales étapes des pourparlers ?


M.M : Il y a eu d’abord la mise en place d’un comité de pilotage présidé par monsieur Rebbah, en présence de tous les ministères et les fédérations concernés qui s’est réuni à plusieurs reprises. Les réunions ont alors continué avec un comité de suivi plus retreint où, en dehors des cadres du ministère de l’Equipement, deux fédérations y ont participé d’une manière active : la FMCI et la FNBTP. Les discussions ont eu lieu sous forme de groupes de travail et d’ateliers avec production de livrables que nous avons revus et rediscutés etc… Par la suite, d’autres ministères ont également donné leurs points de vue. L’idée est d’avoir un contrat cadre qui soit général, signé par le chef du gouvernement et les deux présidents des deux fédérations, et puis il y aura des contrats d’application avec chacun des ministères avec lesquels seront prises des mesures concrètes précises, et contiendront les engagements des uns et des autres, pas seulement les ministères mais aussi la Caisse centrale des garanties, l’ANPME, l’Association les investisseurs en capital et d’autres associations privées.


Pourquoi la FMCI, l’ingénierie à bien son propre contrat programme ?


M.M : Non, depuis le départ, nous avons intégré dans les mêmes négociations les deux contrats programme parce que le gros des préoccupations sont les mêmes : l’avenir du secteur, l’excellence, l’export où le bureau d’études précède l’entreprise. Au début, nous étions dans une démarche de synergie avec les différentes composantes du secteur de la construction : architectes, bureaux d’études, entreprises, industriels, promoteurs immobiliers, etc, mais cela n’a pas fonctionné. Nous sommes restés avec la FMCI.


Vous avez été accompagnés par des experts ?


M.M : Oui, avec un grand bureau d’études de la place qui a fait le diagnostic, le benchmarking et les propositions. C’est Valyans dirigé par Mohcine Jazouli. C’est le ministère de l’Equipement qui s’est occupé du financement.


Pour quand est prévue la signature du nouveau contrat programme ?


M.M : Je ne peux pas vous dire, c’était prévu avant la fin de l’année 2014, puis reporté au début de cette année. Maintenant, c’est le calendrier politique qui prime et non nous.


Quels sont les principaux apports de ce deuxième contrat programme par rapport au premier ?


M.M : C’est la suite logique et la consolidation du premier contrat programme et bien sûr, son élargissement à d’autres problématiques pour prendre en compte les préoccupations des bureaux d’études du secteur de l’ingénierie pour un pilotage conjoint de l’évolution du secteur, la connaissance du secteur, de l’amélioration de l’environnement de travail et pour pousser celui-ci vers l’excellence, vers l’international et vers la responsabilité sociale et environnementale.


En quoi cela consiste-t-il ?


M.M : Nous avons deux grands axes de travail. Un qui est relatif à l’environnement du secteur, c’est-à-dire la connaissance de celui-ci et l’autre qui consiste au pilotage de la réforme réglementaire des marchés publics. Comme c’est un secteur qui dépend beaucoup de l’administration, il y a également les processus de celle-ci dont il fallait discuter, les décisions dans le lancement, l’exécution et la liquidation des marchés. Et puis, il y a la problématique des compétences et de la formation afin qu’elles soient adéquates avec le secteur. La lutte contre l’informel a été également au centre des préoccupations avec la question de savoir comment pousser ces opérateurs à intégrer le secteur formel. La sécurité des personnes dans les chantiers de construction a été longuement discutée dans le cadre de la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, ça c’est l’aspect environnement. Comment encourager les partenariats publics-privés (PPP) pour que l’entreprise nationale y soit plus présente et comment encourager l’internationalisation de l’entreprise à travers le développement de champions nationaux et régionaux qui tireront avec elles les PME dont plusieurs sont très actives sur le plan international ?


Les ressources humaines ne risquent-elles pas d’être un handicap ?


M.M : Des plans d’action sont déjà en cours et nous n’avons pas attendu la signature officielle du contrat programme pour avancer sur ce plan prioritaire. A ce sujet, nous travaillons par exemple sur l’analyse des besoins en formation des entreprises pour laquelle une étude a été lancée par le ministère de la Formation professionnelle. Il y a également l’observatoire du BTP qui est en cours de finalisation suite au lancement de l’appel d’offres de l’étude qui va définir la gouvernance de cet observatoire, le degré de son indépendance par rapport à l’administration, sa crédibilité, etc.


Y-a-t-il des doléances qui n’ont pas abouti lors des négociations ?


M.M : Honnêtement, je dois reconnaître que l’écoute existe et que nous n’avons pas senti d’opposition. D’abord, parce que nous sommes deux fédérations qui ont l’habitude de n’avancer que sur des choses qui sont logiques et ensuite, nous sommes connus par notre transparence et notre équité. Nous ne cherchons pas à défendre des intérêts catégoriels sauf dans la mesure où ces intérêts coïncident avec l’intérêt général et collectif. Un contrat programme, ce n’est pas un cahier de doléances ; il résulte d’un échange.


Qu’en est-il de la préférence nationale ?


M.M : Cette année, le chef du gouvernement a émis dans ses orientations décrites dans la loi des finances, l’idée de l’application effective et généralisée de la préférence nationale qui est pour moi quelque chose de très important, pas seulement pour les entreprises mais pour le pays tout entier.


La FNBTP a toujours reproché à la promotion immobilière marocaine de ne pas faire appels aux entreprises structurées, organisées et de construire…


M.M : Nous sommes en phase et en discussion avec la FNPI et parmi les dossiers importants de ce contrat programme, ce sont les synergies entre les composantes de la profession, les promoteurs immobiliers, les entreprises nationales.
Il y a un bout de chemin qui a été fait dernièrement entre la FNPI et la fédération des matériaux de construction pour l’utilisation des produits locaux, et c’est dans la même suite qu’on devrait arriver à engager les promoteurs immobiliers à faire travailler les entreprises de construction organisées locales.
De grands promoteurs membres de la FNPI se rendent compte maintenant que c’est important de travailler avec des entreprises organisées, parce que même ceux qui ont fait appel à des entreprises étrangères ont eu des problèmes, ont eu des ardoises et des défaillances. Les entreprises étrangères qui viennent, il faut leur montrer leurs limites aussi au Maroc.


Paru dans Chantiers du Maroc n° 130 – Juillet / Août 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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