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Architecture et environnement au Maroc
Interview : Elie MOUYAL, Architecte spécialiste en architecture de terre
Mercredi, 30 Mars 2016 16:21

elie-mouyal

 

 

 

Au Maroc, aucun architecte n’a autant construit avec le matériau terre d’Elie Mouyal, doté d’une expérience de plus de 40 ans, son jugement est sans appel. L’architecture de terre régresse au Maroc.


Qu’avez-vous pensé du Congrès international sur l’architecture de terre en Afrique du Nord, qui s’est passé récemment à Marrakech ?


E.M : Dans les années 60, il y avait, au Maroc, des expériences qui étaient à la pointe de la recherche mondiale en matière d’architecture de terre. La génération avant la nôtre avait produit une excellence technologique. Il y a 30 ans, j’ai participé à des séminaires du même calibre que ce qui a été fait en octobre 2015 à Marrakech. Le problème, c’est qu’il y a eu 30 ans entre les deux évènements et, en 30 ans, on aurait dû être plus avancé. Mais malheureusement, on n’y est pas, la recherche universitaire est restée très théorique


Vous avez croisé votre expérience avec celle pratiquée parles autres : algérienne, tunisienne… Qu’en pensez-vous ?


E.M : Aujourd’hui, l’expérience en architecture de terre ne se fait pas dans le tiers monde mais en Autriche, aux Etats-Unis, en Australie… C’est dans ces pays où les choses se font et avancent très vite. Après avoir été à la pointe, on est maintenant très en retard par rapport à ce qui ce fait dans ces pays-là. On ne peut pas rester dans le niveau scolaire alors que les autres expériences dans le monde sont déjà au stade de maturité. J’ai eu l’impression pénible de mesurer tout le retard qu’on a pris .


Comment avez-vous pris le virus de l’architecture de terre ?


E.M : Je suis parti à Paris pour faire mes études d’architecture. Partant de Marrakech, la nostalgie de ma ville et de mon pays ne m’a jamais quittée. Dès la deuxième année en architecture, j’ai croisé Hassan Fathi et lu son livre « Construire avec le peuple » qui m’avait fasciné. A partir de là, j’ai commencé à orienter mes projets, à chaque fois que je le pouvais, sur de la construction en terre. Ensuite, j’ai pris conscience que la plupart des approches étaient culturelles ou politiques. Moi, je me suis dit qu’il fallait entrer dans la technique et l’expérimentation terrain le plus vite possible.
A la même époque, il y a eu cette grande exposition au Centre Pompidou où toute la recherche technique sur la construction de terre avait été exposée. Donc, il y a eu à ce moment là, en France, une grande conjonction d’intérêt avec l’appui du ministère de la Coopération qui a mis beaucoup de moyens et beaucoup d’argent dans ce développement


Il paraît que vous avez fabriqué votre propre machine de blocs comprimés ?


E.M : Dans cette dynamique, et avant même l’obtention de mon diplôme, j’ai démarré dans la construction en terre, d’abord comme entrepreneur. Mon premier travail à l’école, c’était de fabriquer une machine à comprimer les blocs.
J’ai pu analyser le fonctionnement de vieilles machines qui étaient restées dans un dépôt de l’opération de 1974 à Daoudiat, et à partir de ça, j’ai commencé, pendant ma 4e année d’architecture, à dessiner un modèle plus approprié et amélioré. Comme j’étais assez bon en mécanique, j’ai réalisé un modèle qui a bien fonctionné. Donc, quand j’ai fini les études et je suis rentré de Paris, j’avais une machine opérationnelle à ma disposition.
Et pour la petite histoire, j’ai continué à utiliser cette machine durant une dizaine d’années. Aujourd’hui, je suis en train de lancer une nouvelle génération de la même machine mais plus perfectionnée. Une version avec 35 ans de distance, que jedéveloppe maintenant plus sérieusement puisqu’on la dessine en 3D avec la cinématique, découpe laser… que je compte bientôt breveter .


Elie MOUYAL
Architecte spécialiste
en architecture de terre

 

Paru dans CDM Chantiers du Maroc - n° 135 – Janvier 2016

 

 

 
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