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Journée technique sur le thème : « Parasismie ici et ailleurs »
Lundi, 31 Juillet 2006 14:37
      


Le Comité National du Génie Parasismique a organisé le 27 juin une journée pour réfléchir à la parasismie. Les participants ont d’abord évoqué les expériences réussies au niveau international avant de discuter du développement de la culture du génie parasismique au Maroc. Le Maroc est situé sur une zone sismique aussi bien sur sa côte atlantique que celle donnant sur la mer Méditerranée. Tout le monde se rappelle, avec tristesse, les tremblements de terre de Al Hoceima en février 2004 et de celui encore plus terrible qui détruisit Agadir en février 1960. Depuis, la science sismique a fait d’énormes progrès et est très active au Maroc. Et les technologies de construction permettant à un bâtiment de résister à de très fortes secousses ont fait de grands pas en avant. Pour éviter que de telles catastrophes ne se répètent, le gouvernement marocain a réfléchi sur les solutions applicables dans tout le pays. Notamment pour ce qui concerne les constructions parasismiques. Les décisions ministérielles préconisent un règlement de construction parasismique et la création du Comité National du Génie Parasismique qui est né en Février 2002. C’est ce comité qui après avoir tenu sa première réunion annuelle le 25 mai pour adopter certaines résolutions importantes, notamment celle du règlement intérieur. Le CNGP a donc organisé la journée technique du 27 juin. Les invités et les intervenants ont pu mesurer la haute teneur des débats qui se sont déroulés sous la direction de Ali Guedira, le directeur Technique de l’Habitat, au ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme. En ouvrant les débats, Ali Guedira a expliqué que l’un des objectifs de cette journée était justement la sensibilisation sur un problème sérieux. « Les travaux du CNGP sont réactivés depuis El Hoceima, » dit-il. « Le comité a émis un certain nombre de recommandations notamment l’organisation d’ateliers et de rencontres afin de faire avancer la qualité de la construction dans le pays. Par la suite, plusieurs conventions ont été signées avec l’école Hassania d’ingénieurs afin de lancer un cycle de formation sur les constructions parasismiques. Et enfin avec l’OFPPT pour créer un cycle de formation des tâcherons à ce sujet ». C’est que les séismes continuent d’être mortel au Maroc. Toutefois si construire en suivant des techniques anti sismiques est important, ce n’est pas la seule solution pour éviter des dommages matériels et humains dans les zones touchées. Malgré tout le Maroc reste un pays à risque modéré pour ce qui concerne les séismes. Le problème qui se pose est celui des constructions qui sont vulnérables. Or l’application des mesures contenues dans le code de construction parasismique sauverait la plupart des bâtiments explique Lahcen Ait Brahim, professeur à la faculté de sciences de Rabat. D’autre part, c’est surtout dans les campagnes qu’une secousse, même légère, cause des dégâts. C’est donc le changement de méthode de construction traditionnelle qui peut éviter ces destructions. En effet , les campagnes sont encore l’enfant pauvre du BTP. A de rares exceptions, ce sont plutôt de petite entreprises, souvent artisanales qui bâtissent. Le respect du code est plus difficilement contrôlable qu’en ville. Les matériaux utilisés sont souvent de médiocres qualités. C’est un constat fait par les professionnels du bâtiment et du ministère. Alors pour changer tout cela, la formation, comme l’avait évoqué Ali Guedira lors de son introduction à la journée, est probablement une bonne solution. Hayat Sabri, chef de la division Normalisation et Qualité à la direction technique, l’avait montré lors de son exposé en prenant les exemples de la Chine et du Japon, deux pays touchés régulièrement et parfois très violemment par les tremblements de terre. Ces deux nations utilisent des méthodes parasismiques traditionnelles pour construire certains logements. « L’adoption de structures porteuses en bois ou autres structures légères utilisées au Japon et surtout en Chine permet de limiter les dommages aux habitations touchées par un séisme ». Mais les exemples de ces deux pays ne sont pas toujours transportables dans un autre, comme le Maroc. Et le bois n’est pas toujours la solution idéale. « Le béton armé de peut pas se substituer au bois d’une manière systématique dans les techniques de construction traditionnelles ». Pour elle, il est nécessaire de mettre au point des normes parasismiques spécifiques aux différents modes de construction. Une idée déjà utilisée au Japon, en particulier, mais aussi aux Etats-Unis, la côte ouest de ce pays étant une zone très sismique, réside dans l’installation de sortes d’amortisseurs dans les sous-sols des bâtiments. Abelatif Mahjoub, président directeur général de AM2C-S.E, une entreprise travaillant sur le calcul et le traitement des vibrations et des chocs, est venu spécialement de France {son entreprise est basée dans une ville de l’Oise, situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris}, pour présenter des produits nouveaux pouvant être utilisés dans des habitations. « Je travaille sur l’étude des vibrations et des mouvements. Notre plate-forme anti-sismique absorbe les chocs et les vibrations et pourrait parfaitement être utilisée dans le BTP. Nous y avons intégré une technique de laser qui permet une avancée importante dans le domaine de la surveillance et de la prévention, notamment des séismes », explique-t-il. Cette dalle anti-sismique serait installée dans les sous-sols des édifices et un logiciel nommé ADAMS recueillerait toutes les informations avant, pendant et après toute secousse. Pour Abdelatif Mahjoub, en amortissant les mouvements, on pourrait limiter les dégâts qu’un tremblement de terre, voire une explosion violente, ferait aux habitations. Il préconise même des techniques d’interface élastiques entre les bâtiments. « Nous avons constaté dans le Massif Central et dans les Alpes, régions qui bougent toujours, que ces mouvements provoquaient des fissures dans les murs. Et une interface élastique limitait ces fissures », dit-il. Il pense que l’une des applications dans le BTP serait d’essayer de mélanger du caoutchouc à du béton pour voir si cela donnerait les mêmes résultats. « De plus, cela améliorerait l’acoustique de l’habitation », conclut-il. De nombreuses idées sont évoquées par les participants mais certaines sont encore seulement testées en laboratoires. Un panaché bien réfléchi de mesures adéquates mises en œuvre et obéissant à des règles de construction parasismique est la solution en l’état des avancées techniques et scientifiques. L’autre aspect abordé au cours de cette journée technique est celui de la prévention d’un séisme. Ce serait bien entendu une excellente façon d’éviter les pertes humaines. Toutefois aucune solution ne peut-être adoptée sans tenir compte de tous les problèmes. En effet, si on évite des pertes humaines, c’est une très bien. Mais si les habitations d’où les autorités, prévenues à l’avance de l’imminence d’un tremblement de terre auraient éloigné les gens, sont détruites, il reste le problème dommages matériels et financiers. Mais un pays ne peut sans cesse reconstruire une zone saccagée par une telle catastrophe. La bonne qualité des constructions est indispensable dans les régions à haut ou même à risque limité.
 

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