Une décision courageuse et salvatrice Imprimer
Vendredi, 21 Mars 2014 09:52

Les professionnels du BTP soufrent de nombreuses tares et notamment un déficit d’image dont, souvent, ils n’ont pas conscience. Ou bien feignent-ils de ne pas le savoir ?


Coupables en premier par la vindicte populaire, les entrepreneurs en construction sont assimilés à des escrocs. Les marocains sont convaincus qu’ils trichent dans la qualité et la quantité des matériaux, notamment l’acier et le ciment. Ils ont même inventé un qualificatif pour parler de l’enduit faiblement dosé en ciment : messous. C’est à dire manquant de sel ! Les ingénieurs sont assimilés à des machines à calculer et non pas à réfléchir. On leur reproche leur manque d’inventivité sinon de créativité. Leur supposé conservatisme fait qu’ils ne savent pas proposer autre chose qu’une structure poteau poutre que du reste un logiciel comme Robobat calcule pour eux.


On reproche aux architectes, souvent mal payés, de ne pas visiter assez les chantiers dont ils ont la charge et d’arrondir leurs fins de mois par des dessous de tables gracieusement remis par des entrepreneurs et des industriels véreux. Ce faisant, ces derniers achètent un silence coupable et une bénédiction dont ils pourraient se passer dans un autre contexte.
On ne va pas faire ici le procès de tous les opérateurs du BTP si ce n’est d’affirmer haut et fort qu’ils ne font pas assez pour organiser leur profession et défendre leur image. Leurs représentants, occupés par leurs propres affaires, n’ont pas encore « pris le taureau par les cornes » pour régler leurs problèmes par eux-mêmes, comme des grands, sans passer par la sacro sainte lourdeur de l’administration. C’est pourtant ce que vient de faire la FNPI en menant à son terme le label Iltizam. Un chantier de plusieurs années mené en coordination avec de nombreux partenaires par le dernier bureau élu dont les commandes ont été confiées à Youssef Ibn Mansour. En lançant cette initiative, ce dernier, décidé à tordre le cou à cette mauvaise réputation que trainent ses confrères, a fait d’une pierre deux coup
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D’abord rétablir l’image des promoteurs immobiliers en permettant à chacun d’eux d’arborer fièrement le fameux sésame sur leurs chantiers et de s’en prévaloir pour vendre rapidement et au meilleur prix leurs logements. Dans l’ère du marketing et de la communication c’est un atout de taille. Ensuite participer à un nivellement par le haut de la production du cadre bâti. Car pour obtenir le label Iltizam, beaucoup d’efforts seront nécessaires. Cela passera nécessairement par une bonne équipe de conception, des réalisations aux normes, des investissements supplémentaires notamment en matière de confort comme l’isolation thermique… En somme un engagement dans la qualité qui s’avèrera payant, ce qui n’était pas le cas auparavant.


Non, il ne faut pas perdre espoir et les autres professions devraient prendre exemple sur les promoteurs immobiliers pour sortir du marasme dans lequel ils se sont, eux-mêmes, empêtrés. Sauront-ils faire ? L’avenir nous le dira.

 


 


Fouad Akalay